30 juin 2011
Publicité controversée pour les Beaux mardis de Casimir
Par: Le Courrier
De bon ou de mauvais goût, la nouvelle publicité des Beaux mardis de Casimir?

De bon ou de mauvais goût, la nouvelle publicité des Beaux mardis de Casimir?

La nouvelle publicité des Beaux mardis de Casimir pour le compte de laVille de Saint-Hyacinthe a de quoi faire jaser. Réalisée par la firme Conceptö, l’affiche promotionnelle haute en couleurs met en scène un Casimir Dessaulles pastiché à la façon pop art! Qu’on la trouve jeune et rafraîchissante ou irrespectueuse et déplacée, une chose est sûre : la publicité ne fait pas l’unanimité.

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« C’est aberrant de se servir de la photo d’un personnage aussi important pour faire un mauvais et grossier jeu d’image en utilisant son portrait pour y griffonner la couette de Robert Charlebois! », a fustigé Marie-Josée Raymond à propos de la publicité où son arrière-grand-père prend les traits des six artistes qui viendront se produire au parc Casimir au cours de l’été.

Avec la démolition prochaine de la maison de son ancêtre, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. « Cela démontre l’importance qu’a Casimir pour l’administration de la Ville : on peut le ridiculiser et détruire sa maison. Il faut être insignifiant pour ne pas se rendre compte de son importance! », s’est-elle indignée.Comme Mme Raymond, le directeur général de la Fondation du Cégep de Saint-Hyacinthe et ardent défenseur de l’ancienne maison de Casimir Dessaulles, Jean-Marie Pelletier n’est pas passé par quatre chemins pour dénoncer cette publicité. « C’est de très mauvais goût et c’est la formule la plus polie », a-t-il dénoncé.On se souviendra des efforts déployés par le comité de sauvegarde afin de stopper la démolition des restes, jugés encore réhabilitables, de l’ancienne maison du dernier Seigneur de Saint-Hyacinthe incendiée en novembre 2010. En vain, puisque la Ville a autorisé sa démolition sans restriction.Mauvais « timing » ou pas, le conseiller de Sacré-Coeur David Bousquet est loin d’approuver la création de Conceptö. « Modifier le portrait de quelqu’un est un acte que je n’apprécie pas. D’autres citoyens ont manifesté leur désaccord. Toutefois, certains ont aussi apprécié la publicité », a-t-il mentionné, ajoutant qu’il s’agissait d’une question de valeur.Pour la chef de la division des Communications à la Ville de Saint-Hyacinthe Joëlle Jetté, il ne faut pas tout mélanger. « La perte d’une maison historique est une chose et l’utilisation d’une image historique dans le cadre d’une campagne marketing en est une autre. Ce n’est pas le même débat. »Rappelant que le service des communications n’a jamais eu de pouvoir décisionnel sur la préservation de la maison Dessaulles, Joëlle Jetté s’est dit que si Casimir devenait un tabou, il disparaîtrait. « Alors, il valait mieux trouver une façon de le positionner au goût du jour. »

Seulement un coup de marketing

Pour le directeur du service des Loisirs, Michel Robidoux, une publicité reste une publicité! « Une publicité, on aime ou on n’aime pas. Parlez-en en mal, parlez-en en bien, l’important c’est qu’on en parle et on va pouvoir vérifier son efficacité au cours de l’été », a-t-il résumé, rapportant qu’il recevait autant d’éloges que de critiques.

Un même point de vue est exprimé par Luc Cordeau du Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe dont l’opinion a été réclamée par l’administration municipale. « Ce n’est pas l’affiche d’un événement solennel, mais de spectacles. Je ne pense pas que le but soit de ridiculiser le personnage. » Le directeur et archiviste a même applaudi l’initiative, estimant la publicité accrocheuse. « Je me suis même dit que ça serait un moyen de le faire connaître », a mentionné le passionné d’histoire.Malgré ce nouveau débat à saveur patrimoniale, la cofondatrice de Conceptö, Lucie Guillemette, s’est dite particulièrement fière de la publicité des Beaux mardis de Casimir. « Le concept est rafraîchissant, coloré et on peut le reprendre l’an prochain en le déclinant différemment selon les artistes qui sont présentés. »Reste à savoir si le principal intéressé s’est retourné dans sa tombe…

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