16 janvier 2014
L'école de théâtre a 45 ans
Quand l’ambition entretient le feu sacré
Par: Le Courrier
Le metteur en scène, comédien et professeur de théâtre Jacques Rossi enseigne son savoir aux étudiants de l'École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe depuis 28 ans.

Le metteur en scène, comédien et professeur de théâtre Jacques Rossi enseigne son savoir aux étudiants de l'École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe depuis 28 ans.

Ça fera bientôt 30 ans que Jacques Rossi fait partie du personnel enseignant du Cégep de Saint-Hyacinthe. L’homme qui, à ce jour, a signé près de 80 mises en scène, joué dans plus de quarante productions théâtrales et navigué entre la télévision, la radio et le cinéma, enseigne toujours avec passion son savoir, tout en se gardant un pied bien ancré dans le métier.

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Jacques Rossi affiche un parcours professionnel assez impressionnant, quand on pense au fait qu’il a enseigné au sein de pratiquement toutes les écoles de théâtre, à l’exception du Conservatoire de Québec.

« Ce n’est que six ou sept ans après ma sortie de l’École Nationale de Théâtre que j’ai commencé l’enseignement au Cégep Lionel-Groulx. Je suis arrivé à Saint-Hyacinthe à titre d’enseignant en interprétation et improvisation, et on m’a ensuite confié le poste de coordonnateur du programme pendant six ans. Jamais je n’ai arrêté de pratiquer le métier de comédien et metteur en scène, parce que pour moi, c’était bien important d’être à la fine pointe de ce qui se faisait. Un enseignant qui ne pratique plus est un peu déconnecté de la façon dont ça se passe dans le métier. »Ce dernier a mis en scène Roméo et Juliette de Shakespeare, Les Fourberies de Scapin, de Molière, La Combine de Colombine, de Marc Favreau et Douze Hommes en colère de Réginald Rose, pour ne nommer que celles-là. Il a joué dans la pièce Zone de Marcel Dubé, Dom Juan du Théâtre du Nouveau Monde, Le Temps d’une vie du Théâtre Denise-Pelletier et plus encore. Toutes ces pièces font de lui un pilier de l’univers théâtral. Grâce à son travail acharné, Jacques Rossi s’est même valu la certification de la Méthode Feldenkrais, faisant de lui un expert international en matière d’enseignement supérieur théâtral. Cette technique qui consiste en la prise de conscience de soi par le mouvement, guidé d’un enseignant, encourage à penser, à sentir, à bouger et à imaginer.

Plus que du talent

« Pour percer, ça prend du talent certes, mais il faut bien plus que ça, reconnait le metteur en scène. En théâtre, il faut être prêt à s’investir, avoir de la motivation à jouer et surtout être capable de travailler en équipe, dans tous les postes à occuper sur ou derrière la scène. »

Pour Jacques Rossi, la passion pour cette discipline artistique vient de l’absence de routine et du caractère de nouveauté dû à l’arrivée de nouvelles technologies et l’écriture de nouveaux textes qui diversifient la dramaturgie québécoise. Il souhaiterait cependant un meilleur appui du public envers le théâtre. « Le Conseil québécois du théâtre se plonge actuellement sur la question de l’intérêt des gens face au jeu. On a beau former près de 75 comédiens par années au Québec, le bassin de public ne se renouvelle pas et des solutions parfois draconiennes sont lancées pour pallier ce vide, proposant même de fermer peut-être la moitié des écoles. Je suis conscient de cette réalité, et je me demande si on ne s’en va pas dans le mur. Mais j’ai toujours la foi, et je n’ai pas envie de sortir de cet univers », a-t-il conclu.

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