22 juin 2017
Carte blanche
Quel bilan?
Par: Pierre Bornais
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Ainsi le veut notre tradition électorale, chaque formation politique siégeant à l’Assemblée nationale dresse un « bilan » de ses actions politiques avant la relâche d’été.

Mais le terme est vraiment vidé de son sens réel puisque, dans le cas du parti au pouvoir, il est plutôt question de faire la liste de ses bons coups. En oubliant tout ce qui n’a pas fonctionné ou ce qui n’a pas été réalisé au cours de la session qui prend fin, sans égard aux engagements électoraux du programme électoral.

Du côté de l’opposition, chaque parti dresse une liste des éléments législatifs auxquels il a apporté sa contribution. Et en insistant, bien sûr, sur tout ce que le gouvernement a oublié de faire mention dans son pseudo bilan.

De sorte qu’au terme de l’exercice, le citoyen ordinaire ne sait pas vraiment à quoi s’en tenir en ce qui a trait au rôle joué par les uns et les autres dans la gestion des affaires publiques.

Le parti au pouvoir brosse un portrait unilatéral de ses actions, alors que l’opposition fait ce qu’elle fait le mieux, elle met de l’avant son opposition plus ou moins éclairée.

Espérer que les partis politiques dressent un véritable bilan de leur action au « salon de la race » relève peut-être d’une certaine utopie.

Mais il n’en demeure pas moins qu’une telle approche contribuerait largement à une meilleure compréhension de l’électorat et, qui sait, à une participation plus directe.

Mais cette approche, pour ne pas dire cette franchise, ne cadre pas du tout avec la politique partisane qui se pratique chez nous depuis des décennies. Cette problématique pose une nouvelle fois la nécessité de réviser le mode électoral que nous connaissons pour permettre une participation sortant du cadre rigide actuel. 

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