20 septembre 2012
Réal Laflamme sous les projecteurs
Par: Le Courrier

Réal Laflamme est bien connu dans le milieu agricole. Sa ferme et ses investissements l’ont fait passer d’agriculteur prospère à brillant homme d’affaires. Et malgré son emploi du temps serré, il est aussi pleinement engagé dans sa communauté. Que ce soit au Salon de l’agriculture, à l’Expo agricole, à la Faculté de Médecine vétérinaire, à la Fondation de l’Hôpital Honoré-Mercier, ou même en politique, Réal Laflamme croit en la synergie des forces mises en commun. Rencontre avec un être entier, aux opinions bien arrêtées!

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L’agriculture c’est une histoire de famille chez les Laflamme, d’une génération à l’autre. Quels sont les défis des agriculteurs ces années-ci?

L’agriculture, c’est toujours d’actualité. Le principal défi demeure la gestion de l’offre pour les productions de lait, de poulets, de dindes et d’oeufs. Actuellement, on est protégé par des taux imposés par le gouvernement fédéral aux pays qui voudraient faire entrer leurs produits dans notre marché à plus petits prix. Mais plusieurs pays membres de l’Organisation mondiale du commerce aimeraient que le Canada ouvre ses marchés. Devant ces pressions, on souhaite que le Canada maintienne et défende fermement sa gestion de l’offre. C’est essentiel à la survie de notre agriculture. Sans gestion de l’offre, ce serait impossible d’être compétitif.

Un autre sujet est toujours d’actualité dans le monde agricole : faut-il protéger le monopole de l’Union des producteurs agricoles (UPA)?

Je ne suis pas d’accord à ce qu’il y ait deux organisations. On en a une, qui ne fait pas tout le temps notre affaire, mais on doit la renforcir. J’aime mieux une grande organisation forte que deux organisations qui le seraient moins. Je n’ai pas tout le temps été d’accord avec l’UPA, mais dans l’ensemble, il s’y fait du bon travail.

Les nouvelles règles de Québec en matière d’urbanisation et de dézonage ont soulevé la colère des maires des municipalités rurales. Ont-ils raison de rouspéter?

Oui, je pense que les règles autour du dézonage sont trop strictes. Il faudrait mettre un peu de bon jugement là-dedans. Dans la mesure où c’est bien géré, on ne peut pas enlever à des municipalités le droit de bâtir, de se développer. Je possède moi-même un petit bout de terrain qui est très dangereux à cultiver, car la machinerie doit passer par le chemin public pour s’y rendre. C’est bâti de chaque côté et la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) refuse systématiquement le dézonage, depuis plusieurs années. Je suis pour conserver les terres agricoles, mais je suis surtout pour qu’on gère leur zonage avec du bon jugement.

Vous êtes un libéral convaincu. Quelles relations entretenez-vous avec le monde de la politique?

J’ai des amis au Parti libéral du Québec. Par exemple, je connais bien Nicole Ménard, qui était ministre du Tourisme et responsable de la Montérégie. J’avais aussi un bon ami au bureau du Premier ministre. Quand on a eu besoin de subventions pour Saint-Hyacinthe, je m’adressais à eux. Et je vais garder ces bonnes relations, même si elles ne sont plus au pouvoir.

À quel point étiez-vous influent?

Mes interventions ont permis de faire valoir certains projets pour Saint-Hyacinthe. Comme le Centre BMO ou le nouveau pavillon qui sera bientôt construit pour la Société d’agriculture. Et pour le centre aquatique, Monsieur le maire (Claude Bernier) m’a demandé de l’aider et je lui ai donné un bon coup de main. Ça aide d’avoir des amis au pouvoir et c’est normal. Ça adonnait bien parce que notre comté n’était pas au pouvoir et je pouvais faire quelque chose pour ma ville et ma région. Je ne l’ai jamais fait pour en avoir le crédit, mais plutôt pour que la communauté en bénéficie.

Quelle est votre opinion quant aux résultats de la dernière élection?

J’ai été surpris du résultat parce que le sondage Léger Marketing mettait les Libéraux loin derrière la CAQ. Pourtant, ce n’est pas ce qui est arrivé. Les sondages influencent les électeurs. Et avec le résultat serré, ça peut faire une différence. Pour ce qui est de notre comté, c’est difficile à comprendre, parce qu’on a beaucoup reçu du gouvernement libéral. On a eu de l’aide pour la piscine, le terrain de soccer synthétique, le viaduc à Saint-Thomas, le nouveau pavillon qui va se construire… On aurait eu un député au pouvoir qu’on n’aurait peut-être pas eu plus! C’est certain que je n’étais pas le seul libéral à Saint-Hyacinthe à faire avancer des dossiers. Mais au final, il faut respecter le choix de la population.

Ça ne vous a jamais tenté de faire le saut en politique?

On m’a déjà demandé de me présenter comme candidat du Parti libéral du Québec dans Saint-Hyacinthe, mais mon entreprise agricole prenait plus de place. De toute façon, je n’aurais jamais été capable de suivre une ligne de parti. Moi, je suis entier : c’est noir ou c’est blanc. Je ne suis jamais à cheval sur la clôture!

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