17 janvier 2013
René Leroux nettoie à sec,mais s’implique à fond!
Par: Martin Bourassa

Que ce soit pour redonner du lustre à une robe de mariée tachée, à un habit friponné ou pour convaincre une personne ou une entreprise de s’impliquer envers la cause du Camp Richelieu, il n’y a pas mieux que René Leroux.

Le Maskoutain de 62 ans a deux grandes passions dans la vie, son entreprise de nettoyage de vêtements de la rue Saint-Pierre à Saint-Hyacinthe et le Camp Richelieu, un camp estival pour personnes atteintes de déficience intellectuelle légère, tenu tous les étés à Saint-Damase.

Pour cette clientèle qu’il affectionne, il n’hésite jamais à relever les manches de sa chemise parfaitement pressée et à se salir les mains.Depuis qu’il a accepté la présidence du Camp Richelieu en 2006, après deux années passées comme administrateur, il a orchestré la métamorphose du camp qui ne payait pas de mine. Avec conviction, il a réussi à mobiliser une petite armée de bénévoles et de généreux donateurs. Et avec beaucoup d’huile de coude, de volonté et d’ingéniosité, ils ont réussi à revamper les lieux, M. Leroux n’hésitant pas à s’improviser lui-même plombier, menuisier ou couvreur. Avec 200 000 $ de dons, on a restauré les toitures des bâtiments, changé les recouvrements de plancher, isolé des murs, refait l’aire de jeux, puis réaménagé et asphalté les trottoirs et les aires de circulation. Tout cela pour le bénéfice des quelque 140 enfants et adultes qui séjournent au camp chaque été, et le bien-être de leurs proches qui peuvent profiter d’une ou deux semaines de répit.Tous ces efforts et ce bénévolat ont été soulignés et couronnés de belle façon l’été dernier quand M. Leroux s’est vu remettre un Mérite municipal au niveau provincial, sur la recommandation de la Ville de Saint-Hyacinthe.« C’est un honneur qui m’a vraiment pris par surprise, je n’ai jamais recherché cela, avoue le principal intéressé. Je ne m’attribue nullement tous les mérites. Je suis entouré de gens formidables qui ont autant à coeur que moi la réussite du Camp Richelieu. C’est cette belle équipe qui me donne toute mon énergie. Tout seul, je n’arriverais à rien, mais ensemble, on peut déplacer des montagnes. »Pour sa réussite professionnelle et son implication communautaire à travers divers organismes, dont de façon particulière au Camp Richelieu, Le Courrier de Saint-Hyacinthe et la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains sont heureux de décerner le titre de personnalité du mois de janvier à René Leroux.

Bientôt 50 ans de métier

René Leroux a vu le jour sur une ferme laitière de Saint-Damase au sein d’une grande famille de dix enfants, dont neuf sont toujours vivants.

Les aléas de la vie l’amènent toutefois à Saint-Hyacinthe à l’âge de 10 ans où il termine son éducation. Rapidement, très rapidement même, il se retrouve sur le marché du travail. À 14 ans, il entre au service de Réjean Nettoyeur, sur la rue Sainte-Anne. C’est là qu’il apprendra l’ABC de son métier de nettoyeur/presseur.Il y restera pendant 12 ans. À l’âge de 26 ans, il prend ses économies et décide de se lancer en affaires. Il achète le Nettoyeur Maska, à l’Annexe, qu’il revend cinq ans plus tard pour tenter sa chance à Montréal. Il fait alors l’acquisition du Nettoyeur Satisfaction, au coin des rues Beaubien et de la 31e avenue, ce qui l’oblige à faire la navette entre Saint-Hyacinthe et la Métropole, matin et soir.L’année 1986 marque son grand retour à Saint-Hyacinthe, alors que démarre le Nettoyeur René sur la rue Bourdages, commerce qu’il déménage trois ans plus tard sur la rue Saint-Pierre où il opère encore aujourd’hui. Mine de rien, il célèbrera l’an prochain ses 50 ans de carrière dans le domaine du nettoyage à sec.« Dès la première heure, j’ai adoré ce métier, dit-il. Je n’ai jamais manqué de travail et les affaires ont toujours été bonnes. C’est un métier assez répétitif, mais qui demande beaucoup de doigté. Mais plus que tout, ce que j’aime de ce métier c’est le contact avec la clientèle. Vous n’avez pas d’idée du nombre de gens que ce travail m’a fait connaître au fil des ans. Je connais tout le monde en ville! »

Un coeur Richelieu

Si René Leroux connaît tout le monde, l’inverse est aussi vrai. Ce qui explique ses diverses implications communautaires, entre autres au sein des Chevaliers de Colomb et du Camp Richelieu, « la cause de sa vie ».

« Quand on m’a invité à devenir administrateur en 2004, on m’avait dit que ça ne m’engageait à rien, sinon à participer à deux ou trois réunions. Je ne connaissais rien du Camp Richelieu et absolument rien de la déficience intellectuelle et de la réalité de la clientèle du camp. Mais dès ma première visite au camp je suis tombé sous le charme, ça m’a pris direct au coeur. J’ai aussi constaté qu’il y avait beaucoup à faire. On m’a confié la présidence en 2006 et depuis ce temps, les projets ont déboulé. Ça n’a jamais arrêté, j’ai donné mon coeur au Camp Richelieu », avoue ce père de deux grands enfants et grand-papa de trois petits-enfants.En plus de mettre la main à la pâte lors des travaux, M. Leroux coordonne les activités des différents comités du camp, organise les activités de financement comme le souper aux homards, recrute des bénévoles et sollicite les entreprises. « Ma paie dans tout cela, ce sont les sourires de la clientèle du camp. C’est quand un jeune me prend dans ses bras et me dit : « Monsieur ou encore patron, c’est le surnom qu’on me donne au camp, Patron on vous aime! » Je n’ai besoin de rien d’autre pour être heureux. »Ce qui pourrait le rendre encore plus heureux, c’est une participation massive à la prochaine campagne de financement annuelle du Camp Richelieu.« Nous ne manquons pas de besoins et d’ambitions. Nous envisageons la construction d’un tout nouveau pavillon qui servira de salle de jeux intérieure pour les enfants, un projet de 250 000 $ pour lequel il faudra aussi des subventions. Nous souhaitons aussi pouvoir élargir nos services aux enfants autistes d’ici cinq ans. »Avec un objectif de 45 000 $, la levée de fonds 2013 du Camp Richelieu sera lancée le 28 janvier, sous la présidence d’honneur de Claude Marchesseault.

image