4 février 2016
Réplique au texte « Contradiction Avenir Québec »
Par: Le Courrier
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J’avoue avoir été surprise par les propos tenus par Philippe ­Lorange dans son texte paru la semaine dernière dans ce même journal, intitulé « Contradiction Avenir Québec ».

M. Lorange, je fais partie des 13 245 ­personnes maskoutaines qui ont opté pour un changement majeur en 2014 en élisant – et en travaillant pour que cela se produise – Chantal Soucy, députée de la Coalition Avenir Québec (CAQ) pour Saint-Hyacinthe.

Vous reprochez à Mme Soucy, entre autres, d’avoir été trop critique à l’égard du Bloc québécois (BQ). « La défaite du Bloc québécois ne me surprend pas, car je n’avais pas senti d’engouement dans la région », aurait-elle dit.

Où est le mal dans cette déclaration? Depuis trop longtemps au Québec, la question nationale paralyse la politique québécoise. Rarement entendons-nous parler d’économie, d’emplois, de santé ou d’éducation lors d’une campagne ­électorale. Le scrutin d’octobre dernier, au point de vue provincial, n’a pas fait ­exception. Une fois de plus, le Bloc ­québécois a décidé de centrer la majorité de ses interventions sur la nécessité ­d’envoyer à Ottawa un parti qui pourra promouvoir l’indépendance du Québec. Misère…

En 2014, j’ai été impressionnée par la campagne dynamique qu’a menée ­Chantal Soucy à Saint-Hyacinthe. Cette campagne, je la qualifierai de « à contre-courant », à l’image de celle ­menée par son chef de parti, François Legault. Les journalistes n’étant intéressés qu’au poing levé de celui qui allait devenir chef du Parti québécois et de la tenue ­hypothétique d’un troisième ­référendum, Mme Soucy a maintenu le cap sur les enjeux qui touchent directement les citoyens de Saint-Hyacinthe : l’économie.

Les propos de notre députée que vous rapportez dans votre texte semblent vous avoir choqué. Pour ma part, ils m’ont ­plutôt conforté dans mon choix. Ce que j’en retiens, c’est que Chantal Soucy a toujours les mêmes sources de motivation et les mêmes intérêts à coeur, et ce, près de deux ans après son élection : rendre notre ville plus attrayante et plus prospère.

D’ailleurs, il me semble avoir lu dans les journaux à la suite du déclenchement des élections que la CAQ ne comptait pas s’immiscer dans la campagne fédérale afin de respecter le choix populaire des Québécois. Ceci s’est avéré être une bien sage décision, surtout lorsqu’on voit à quelle vitesse le PQ a tenu à se ­dissocier des résultats décevants ­encaissés par le Bloc.

Depuis sa création, la CAQ n’a pas peur d’oser et d’aller à contre-courant des discours politiques traditionnels ­québécois. Fédéraliste ou souverainiste? À droite ou à gauche? Peu importe. Est-ce à quoi est réduite la politique ­d’aujourd’hui?

Le récent virage nationaliste ne ­m’effraie pas. Après tout, le chef de la CAQ a bien expliqué dans une entrevue récente qu’il n’avait d’autre choix que de se positionner sur l’axe constitutionnel une bonne fois pour toutes. « Si vous me demandez c’est quoi la priorité de la CAQ, c’est clair, c’est l’économie. Moi, ce que je veux, c’est un Québec plus riche, des ­Québécois plus riches », a-t-il dit. La CAQ ne s’est pas reniée. Bien au contraire, elle est restée fidèle à ses ­premiers combats. Je ne peux que ­l’applaudir.

M. Lorange, je vous invite à réfléchir à tout cela. Après tout, il ne faut pas en vouloir à Mme Soucy d’avoir affirmé tout haut ce que la grande majorité des Québécois pense tout bas.

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