6 avril 2017
Résilience et solidarité : vers la reconstruction
Par: Maxime Prévost Durand

Dès le soir de l’incendie, une rencontre était commandée avec les supérieures de la Maison-mère et du Collège Saint-Maurice. Dans un élan de résilience incroyable, on statuait déjà que le bâtiment qui venait à peine de s’écrouler renaîtrait de ses cendres et serait reconstruit.

Dans l’immédiat, les sœurs ont été accueillies à bras ouverts par d’autres communautés de Saint-Hyacinthe où elles ont trouvé logis, tandis que les élèves pensionnaires ont été relocalisées au Séminaire ou sont retournées dans leur famille.

Le 8 avril, plus de 2 000 parents et élèves s’étaient réunis à l’Auberge des Seigneurs où la directrice générale du Collège, Sr Huguette Séguin, a garanti que toutes les élèves allaient terminer l’année scolaire en cours et qu’elles en commenceraient une nouvelle en septembre suivant.

Retour en classe deux semaines plus tard

À peine 14 jours après que le Collège ait été réduit à néant, les élèves reprenaient déjà leurs cours dans des classes temporaires érigées au Pavillon des Pionniers. La mobilisation du milieu maskoutain, de même que le dévouement du personnel enseignant, auront été la clé dans la reprise aussi rapide des cours.

Deux semaines plus tard, avec la fin du calendrier universitaire, les cours étaient déplacés dans les murs de l’Institut des technologies agricoles (ITA), où l’année scolaire s’est terminée comme prévu à la fin juin.

À la rentrée 1992-93, le Collège Saint-Maurice a inauguré des locaux temporaires (25 modules) à l’angle des rues Mailhot et Papineau, non loin du site où la reconstruction se mettait en branle. Les cours s’y sont déroulés tout au long de l’année. Fait inusité, le CSM a enregistré cette année-là une hausse du nombre d’inscriptions et a atteint les 725 élèves.

Le nouveau CSM prêt à temps

Il aura fallu attendre jusqu’au 19 mai, soit près d’un mois et deux semaines après l’incendie, avant que les travaux de démolition des ruines de la Maison-mère et du Collège soient entamés. Cette première étape vers la reconstruction s’est échelonnée sur une période d’un mois.

Dès septembre 1992, les plans et devis étaient conçus par la firme d’architectes Jodoin Lamarre Pratte et associés, puis l’entreprise Cegerco Construction et plusieurs autres experts entamaient la reconstruction dans les mois suivants.

À un rythme effréné, parfois 7 jours sur 7, les acteurs impliqués ont mis tout en place pour que les élèves du Collège Saint-Maurice intègrent leur nouvel établissement à la rentrée 1993-94. Le 7 septembre 1993, 17 mois jour pour jour après l’incendie, l’année scolaire était lancée dans des locaux tous neufs.

Et la Maison-mère

Les Sœurs de la Présentation de Marie ont dû attendre un peu plus longtemps avant de se retrouver dans leur nouvelle Maison-mère. Dans l’attente, une trentaine se sont retrouvées à Saint-Guillaume, une quinzaine à Mont-Saint-Hilaire, d’autres à Montréal et Sherbrooke, tandis que les religieuses à la santé plus fragile étaient accueillies par les Sœurs Grises, les Sœurs Saint-Joseph et les religieuses du Précieux-Sang, a-t-on retracé dans nos archives.

La Maison-mère des Sœurs de la Présentation de Marie a finalement rouvert ses portes en février 1994, soit 20 mois après le début de sa construction. Elle inclut notamment 150 chambres, une chapelle, des locaux communautaires et une bibliothèque.

image