30 avril 2020
Retour en classe volontaire le 11 mai à Saint-Hyacinthe
Par: Rémi Léonard

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a donné lundi plusieurs indications sur le retour en classe à venir, mais leur application sur le terrain est encore loin d’être complètement planifiée. Photo Émilie Nadeau | Cabinet du premier ministre du Québec

Le premier ministre François Legault laissait planer cette éventualité depuis quelque temps déjà, mais nous avons maintenant une date : les écoles – primaires uniquement – rouvriront le 11 mai dans la région. Comme la MRC des Maskoutains ne fait pas partie de la Communauté métropolitaine de Montréal, qui s’arrête à Mont-Saint-Hilaire, nous sommes effectivement dans la première vague du plan de reprise annoncé lundi par le gouvernement.

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À la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH), on s’active donc depuis à organiser ce retour qui n’aura rien d’habituel. D’abord, l’envoi des enfants en classe n’est pas obligatoire. C’est même à éviter pour ceux qui sont considérés comme à risque en raison de certains problèmes de santé, a indiqué le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, lors d’un point de presse subséquent à celui du premier ministre, ce lundi.

À l’inverse, le ministre a fortement suggéré aux élèves qui ont des difficultés scolaires ou des besoins particuliers de retourner à l’école. « Ce retour, même pour 5 ou 6 semaines, peut faire une différence », a-t-il affirmé. Il dit tout de même comprendre l’inquiétude que ressent la population. « C’est normal », a reconnu le ministre, qui a par ailleurs demandé aux parents d’aviser l’école au moins une semaine à l’avance.

Dans la pratique, ce sont les enseignants qui vont appeler les parents des élèves de leur groupe pour vérifier qui compte revenir en classe, a informé mercredi la directrice générale de la CSSH, Caroline Dupré. On ignore donc encore quelle proportion d’élèves va réellement participer à ce retour progressif. Il faudra cependant s’inscrire à la semaine, a précisé Mme Dupré.

Une série de mesures encore à définir

Comme le gouvernement l’a annoncé, les groupes seront limités à 15 élèves. Même que pour certaines classes aux dimensions restreintes, il faudra réduire davantage, a reconnu la DG de la commission scolaire. Le respect du deux mètres de distanciation reste la règle à suivre, a-t-elle rappelé. C’est probablement la mesure dont l’application sera la plus compliquée, et tout le personnel devra trouver comment y arriver dans leur milieu respectif, notamment avec des horaires ajustés, une utilisation différente de l’espace et des mesures sanitaires additionnelles. On sait aussi que les gymnases, les modules de jeux et les cafétérias demeureront fermés.

Les employés reviennent par ailleurs au boulot une semaine avant les élèves, soit dès lundi, a-t-elle confirmé. Même ceux des écoles secondaires, qui pourront travailler sur l’enseignement à distance et le contenu pédagogique jugé « essentiel » à transmettre. Rappelons que les écoles secondaires, les cégeps et les universités resteront pour leur part fermés physiquement jusqu’à la rentrée automnale.

Les profs prêts, mais inquiets

Joint au lendemain de l’annonce gouvernementale, mardi, le président du Syndicat de l’enseignement Val-Maska, Patrick Théroux, a partagé son ambivalence face à toute cette situation. Ses membres veulent assurément retourner enseigner, a-t-il assuré, même qu’ils ont hâte de retrouver leurs élèves, mais une certaine inquiétude demeure quant à l’aspect sécuritaire de la chose. Il voudrait par exemple que les enseignants aient droit au même matériel de protection, à commencer par les masques, que les éducatrices en centre de la petite enfance.

Le ministre Roberge a par ailleurs recommandé au personnel de plus de 60 ans de ne pas revenir dans les écoles, tout comme ceux qui ont des conditions médicales particulières. M. Théroux se demande toutefois comment ces exceptions seront accordées, certainement pas sur un billet du médecin, a-t-il évoqué. Bref, « tout est à fignoler », a-t-il résumé, trouvant que l’annonce de la reprise scolaire manquait de clarté. « On avance dans le brouillard », a-t-il imagé.

Le ministre Roberge a aussi affirmé lundi que le transport scolaire pourra reprendre et que les chauffeurs seront protégés par « une barrière physique » comme un plexiglas. Bémol important, le respect de la distanciation exigera cependant qu’un maximum de douze enfants puisse entrer dans un seul autobus, a relevé Caroline Dupré. La commission scolaire privilégie donc que les parents accompagnent leurs enfants à l’école autant que possible pour éviter de multiplier les trajets.

Legault se veut rassurant

Au moment de procéder à cette annonce, le premier ministre a bien insisté pour dire que le plan sera appliqué « si et seulement si » la situation reste sous contrôle dans les hôpitaux. « C’était la condition la plus importante à remplir » avant la réouverture, a-t-il spécifié.

Le PM a aussi évoqué des « raisons sociales » pour procéder à la reprise, soutenant que c’est « pour le bien des enfants », surtout ceux qui ont des difficultés d’apprentissage et qui ne devraient pas être privés d’école durant six mois. « La vie doit continuer », a-t-il aussi soutenu en analysant que la situation ne sera pas tellement différente si on attend jusqu’au 1er septembre. Le risque de conséquences graves liées à la maladie est très limité chez les enfants, a-t-il enfin rappelé.

La santé publique a donné son accord à cette reprise graduelle, ont affirmé les autorités. Il ne faudrait toutefois pas interpréter cette réouverture comme une levée des mesures appliquées jusqu’à maintenant, a averti le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda. Ce n’est pas encore le moment de faire « des rassemblements à l’extérieur, des partys ou des repas de famille », a-t-il mis en garde.

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