25 février 2021
Transfert des activités de Semex en Ontario
Robert Chicoine optimiste quant à l’avenir du CIAQ à Saint-Hyacinthe
Par: Jean-Luc Lorry
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Robert Chicoine, directeur général de l’Alliance Semex, lors de sa fondation en janvier 1997. Photo courtoisie

Ancien directeur général du Centre d’insémination artificielle du Québec (CIAQ), Robert Chicoine, aujourd’hui retraité, se dit optimiste pour l’avenir du secteur de la reproduction bovine à Saint-Hyacinthe malgré une consolidation annoncée du côté de l’Ontario.

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Robert Chicoine est une figure bien connue et respectée du milieu de l’insémination artificielle dans le secteur bovin puisque son nom est associé à Starbuck, un taureau hors pair qui a généré plus de 25 M$ de revenus nets au CIAQ.

La semaine dernière, Semex, une entreprise spécialisée dans les solutions génétiques pour les producteurs bovins, a confirmé la fin de ses opérations d’hébergement et de productions de semences de taureaux à ses installations de Sainte-Marie-Madeleine.

Cette décision de regrouper son cheptel et la production de semences sur les sites de Guelph et de Kemptville, en Ontario, aura pour conséquence la mise à pied de 63 employés à partir du 31 août.

« Le complexe de Semex à Sainte-Marie-Madeleine est très important et nécessite des coûts fixes très élevés. Ceci explique le fait que l’entreprise doit regrouper ses opérations. Mettre en commun les taureaux permet d’assurer un revenu plus stable », considère Robert Chicoine, en entrevue téléphonique au COURRIER.

Semex appartient à trois entreprises canadiennes d’insémination artificielle soit le CIAQ, EastGen et WestGen. Le CIAQ est propriétaire de Semex à hauteur de 45 %.

« Je ne suis pas trop inquiet pour l’avenir du CIAQ et de Boviteq à Saint-Hyacinthe en raison des investissements consacrés pour installer un laboratoire à la fine pointe de la technologie. Ces équipements permettent l’amélioration génétique des femelles », mentionne Robert Chicoine.

Propriété de Semex, Boviteq est un chef de file mondial dans le développement et la mise en œuvre de nouvelles techniques de transfert d’embryons. Le CIAQ et Boviteq sont situés sur la rue Sicotte.

Selon nos archives, en 2014, 67 taureaux étaient hébergés dans les étables du CIAQ à Saint-Hyacinthe et 532 dans celles de Semex à Sainte-Marie-Madeleine. Robert Chicoine rappelle que les étables du CIAQ ont déjà compté jusqu’à 1500 taureaux répartis sur les sites de Sainte-Marie-Madeleine, de Saint-Hyacinthe et d’étables louées dans la région.

« Le CIAQ de même que les principaux autres centres d’insémination canadiens hors Ontario ont toujours exporté les doses de semence de leurs taureaux par l’entremise de Semex Canada de Guelph qui avait été mis sur pied par les centres d’insémination de l’Ontario », explique M. Chicoine.

Auparavant, les taureaux destinés à devenir des reproducteurs prometteurs étaient gardés au CIAQ pendant cinq ans pour évaluer leur potentiel génétique, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. « La technologie de l’analyse de l’ADN permet d’évaluer un taureau dès sa naissance. On sait prélever un échantillon d’un embryon pour savoir si c’est un mâle ou une femelle », illustre M. Chicoine.

Fondation de l’Alliance Semex

En 1997, Robert Chicoine a orchestré la fusion de quatre organisations d’inséminations canadiennes, qui étaient le CIAQ, BCAI Centre de Colombie-Britannique, Gencor qui couvrait le centre et l’ouest de l’Ontario et EBI (Eastern Breeders Inc.) pour l’est de l’Ontario, pour devenir l’Alliance Semex.

« Par la suite, BCAI a changé son nom pour devenir WestGen, car l’entreprise avait le mandat de représenter le produit Semex dans toutes les provinces à l’ouest de l’Ontario. Quelques années plus tard, les deux centres Ontariens, GENCOR et EBI se sont fusionnés et ont adopté le nom de EastGen », précise Robert Chicoine.

« Il y a 25 ans, lorsque les centres d’inséminations canadiens ont constaté la nécessité de mettre en commun leurs taureaux et de rationaliser leurs activités pour demeurer profitables, il est apparu logique de nommer ce regroupement l’Alliance Semex, car le nom Semex avait déjà un fort profil international. Le nom Semex est la compression des mots semen (sperme en anglais) et export », complète-t-il.

Robert Chicoine a occupé le poste de directeur général du CIAQ de 1982 à 1996, puis de directeur général de l’Alliance Semex de 1997 à 2000.

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