24 juillet 2014
Rouler vite pour ralentir
Par: Christian Vanasse

Interrogé sur la limite de vitesse des autoroutes, l’apôtre de la pédale à gaz, Jacques Duval, est catégorique : « La limite de 100 est ridicule ». Il faudrait l’augmenter à 120, pérore le pape du pneu pluie, car les chars sont plus évolués qu’avant!

Malheureusement, pas la surface sur laquelle ils roulent… ni le civisme derrière le volant qui régresse vers l’agressif. Ajoutez à cela, un climat maniaco-dépressif et le résultat sera percutant! Augmenter le risque d’accident en même temps que sa consommation de pétrole ne semble pas freiner les admirateurs de l’accélérateur. « Ouain, mais les gens roulent déjà 120, alors pourquoi pas? » Et lorsqu’il rouleront 140, on dira quoi? Hausser une limite et croire que les gens vont s’y tenir est aussi absurde que de croire que les buffets à volonté incitent à faire un régime. Les Québécois peinent à respecter leurs propres limites, à commencer par celle de leurs cartes de crédit. La solution magique est-elle d’augmenter la marge? La logique consiste plutôt à diminuer, réduire, ralentir… J’ai l’impression que l’idée d’aller toujours plus vite, refait surface chaque été au moment de partir en vacances qui est, par un curieux hasard, le bon temps pour relaxer, lever le pied et regarder tranquillement les paysages. Mais si certains sont prêts à ralentir, ils veulent pouvoir le faire à toute vitesse et aller le plus rapidement possible à l’endroit où ils vont enfin choisir de s’arrêter. Pour se sentir vraiment en vacances, ils ont besoin de voir autant d’asphalte que de soleil et plus le paysage est flou, mieux ils se portent. Peut-être même que le nombre de véhicules qu’ils dépassent leur donne l���impression d’être réellement en mouvement. Alors que c’est souvent lorsque nous sommes immobiles que nous sommes le plus en mouvement.

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