1 mars 2012
Immigration
Saint-Hyacinthe accueille des réfugiés bhoutanais
Par: Jean-Luc Lorry

La Ville de Saint-Hyacinthe vient d’ajouter une nouvelle touche de couleur au portrait multiethnique de sa population en accueillant plusieurs familles composées de réfugiés bhoutanais.

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En décembre, 28 Bhoutanais vivants dans des camps situés au coeur de la forêt tropicale au Népal sont arrivés dans la municipalité grâce au soutien de la Maison de la Famille des Maskoutains.

« D’ici le mois de juin, nous allons accueillir encore 17 réfugiés originaires du Bhoutan », indique avec enthousiasme, Jubilee Larraguibel, coordonnatrice des services aux immigrants à la Maison de la Famille. D’ailleurs, cet organisme offrira ses services à la communauté bhoutanaise fraîchement installée pendant cinq ans.La nouvelle vie qui s’ouvre à ces réfugiés semble être un cadeau du ciel considérant le quotidien difficile vécu par certains depuis 20 ans dans ces camps de réfugiés.« Nous vivions sans électricité dans des maisons fabriquées en bambou. Nous avions peu de nourriture et de médicaments pour faire face à plusieurs maladies telles que la tuberculose ou la pneumonie », raconte Bhim-Badh Bahadur, 67 ans, qui était agriculteur avant d’être chassé de son pays d’origine en raison de ses croyances religieuses.Au début des années 90, le gouvernement bhoutanais a expulsé par la force plus de 100 000 personnes de religion hindoue et d’origine népalaise privilégiant la religion bouddhiste pratiquée par la majeure partie de la population. Situé entre la Chine au Nord et l’Inde au Sud, le Bhoutan est un petit pays qui compte plus de 700 000 habitants.Pour traduire les propos de ses compatriotes et les aider à se familiariser à la langue française, Radhika Kafley agit comme interprète. Au Québec depuis deux ans, cette bhoutanaise de 34 ans a vécu 18 années dans les camps népalais. « Lorsque nous arrivons ici, nous sommes comme des enfants de deux ans », mentionne Radhika en guise de comparaison.

Francisation intensive

Pour le moment, à titre de résident permanent, ces familles bénéficient de l’aide sociale pour payer un loyer et subvenir aux besoins élémentaires. Ces nouveaux résidents recevront des cours de francisation pendant 30 semaines au Cégep de Saint-Hyacinthe. Par exemple, chacun conserve précieusement sur lui, un carton où il est inscrit « Je suis perdu, SVP voici mon adresse Merci ».

En 2007, le Canada s’était engagé au côté des États-Unis, de l’Australie, des Pays-Bas, du Danemark et de la Norvège à réinstaller 5 000 réfugiés bhoutanais sur une période de cinq ans. En collaboration avec les organismes locaux, le Québec accueillera pour sa part 500 réfugiés.

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