22 septembre 2011
La tempête Irène
Saint-Hyacinthe blâme Hydro-Québec
Par: Le Courrier

Bien que son tumultueux passage à Saint-Hyacinthe remonte au 28 août, la tempête tropicale Irène fait encore des vagues à l’Hôtel de Ville.

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À la séance du conseil de lundi, des citoyens ont questionné le conseil sur la capacité du réseau d’égout municipal et des fossés d’évacuer les eaux de pluie, après quoi le conseil s’en est pris à Hydro-Québec au sujet des pannes.

Les élus blâment la société d’État pour la lenteur avec laquelle elle a rétabli le courant dans certains secteurs de la ville après Irène. « Plusieurs citoyens ont manqué d’électricité durant 30 heures dans mon secteur », a soutenu la conseillère du district Hertel-Notre-Dame, Nicole Dion-Audette avant de faire lecture d’une résolution qui a été adoptée à l’unanimité et qui sera expédiée à Hydro-Québec.Les élus critiquent sa façon de déployer ses équipes dans les situations urgentes, car ils établissent un lien entre le fait qu’Hydro-Québec a dépêché une cinquantaine d’équipes au New Hampshire à l’approche de l’ouragan et la durée des pannes à Saint-Hyacinthe. « Pendant ce temps, les effectifs en action au Québec s’en trouvaient diminués, affectant ainsi la rapidité d’intervention d’Hydro-Québec pour s’assurer du retour à la normale pour ses clients », lit-on dans le préambule de la résolution.Le conseil dit déplorer le choix d’Hydro-Québec de procéder au déploiement de certains de ses effectifs à l’extérieur de la province, alors qu’il était prévisible que certaines municipalités du Québec, dont la Ville de Saint-Hyacinthe, seraient affectées par des conditions climatiques hors du commun. On conclut en souhaitant « qu’une telle situation ne se reproduise plus dans l’avenir, de façon à assurer un service optimal à la population.

Chez Hydro-Québec, la réaction de la Ville de Saint-Hyacinthe est accueillie avec une certaine surprise.

« C’est légitime de se poser des questions dans certaines situations. Cependant, il faut savoir qu’Hydro-Québec, en tant qu’experte, exerce une vigie sur tout événement imprévu. Elle peut suivre le développement des tempêtes, faire des prévisions, mobiliser des équipes. Dans la semaine qui a précédé Irène, nous avons accueilli une demande de contribution de 100 équipes faite par des entreprises de distribution du New Hampshire. Sachant que la tempête toucherait plus durement l’Est du Québec, nous avons accepté prudemment de collaborer avec l’envoi de 50 équipes provenant essentiellement de l’Ouest du Québec », a expliqué Lucie Brodeur, porte-parole d’Hydro-Québec à la Direction régionale Richelieu.Elle a précisé qu’en situation d’urgence, il existe un accord d’entraide réciproque liant Hydro-Québec aux distributeurs indépendants d’électricité du Québec et des États-Unis. « C’est vrai pour Hydro-Magog, Hydro-Sherbrooke ou la coopérative de Saint-Jean-Baptiste de Rouville, comme c’est vrai pour les distributeurs des États américains », fait-elle valoir, rappelant qu’après le verglas, ce sont des équipes américaines provenant d’aussi loin que le Texas qui étaient venues prêter main-forte à Hydro-Québec.Mme Brodeur assure qu’au soir du dimanche 28 août, toutes les équipes d’Hydro étaient de retour pour s’occuper des clients du Québec. Elle admet qu’à Saint-Hyacinthe, le temps d’attente a pu dépasser les 24 heures, mais signale qu’il a atteint 72 heures dans certains cas à Sherbrooke en raison du grand nombre d’arbres cassés. Enfin, elle a mentionné qu’après vérification, jamais les coordonnateurs des mesures d’urgence de Saint-Hyacinthe n’avaient contacté Hydro-Québec pour demander une assistance particulière pendant ou après la tempête.

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