5 septembre 2013
Saint-Hyacinthe en mode construction
Par: Jennifer Blanchette

L’industrie de la construction a façonné le paysage à Saint-Hyacinthe cet été. Sur la plupart des chantiers, les travaux se sont déroulés rondement, mais pour d’autres, les tuiles n’ont pas cessé de s’accumuler. LE COURRIER fait le point sur les six sites majeurs toujours en activité chez nous.

Répartis aux quatre coins de la ville, ces chantiers concernent la transformation de La Métairie en pavillon culturel, le réaménagement du Centre des arts Juliette-Lassonde, la reconstruction du centre communautaire Douville, la construction du nouveau pavillon agricole, l’agrandissement de l’usine Liberté ainsi que la construction des résidences les Jardins d’Aurélie.

Pour quatre d’entre eux, le budget et les échéanciers prévus ont été respectés de façon générale, malgré un léger retard occasionné par la grève dans le secteur de la construction déclenchée au début juin.Sur le site de l’Expo, les fondations du nouveau pavillon agricole, dont la construction a débuté en août, ont déjà été coulées. « Le choix des matériaux pour le revêtement du plancher reste à déterminer. Ce devra être résistant puisque de nombreux animaux s’y promèneront », explique Richard Robert, secrétaire général de la Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe. Ce projet de 4,6 M$ devrait être complété à la fin novembre et accuse pour le moment à peine deux jours de retard. À l’angle des rues Dessaulles et Désaulniers se trouve le plus gros projet résidentiel actif de la ville, les Jardins d’Aurélie. Représentant un investissement de 25 M$, cette résidence de 150 000 pi. ca. accueillera ses pensionnaires, les communautés religieuses, dès juin 2014. La structure de l’édifice a été érigée et d’après le promoteur magogois, Jean-Rock Tardif, aucun dépassement de coûts n’est à prévoir. Des outils ainsi que des fils de cuivre avaient été dérobés sur le chantier durant les vacances de la construction. Du côté de l’usine Liberté, localisée dans le parc industriel Olivier-Chalifoux, 40 M$ ont été investis en décembre dernier afin de doubler la superficie du bâtiment. Cet agrandissement, dont la livraison était prévue en juin, s’avérait nécessaire afin de soutenir la croissance de leur produit vedette, le yogourt grec. L’usine a été en usage tout au long des travaux et les ouvriers sont en voie de terminer l’asphaltage autour du bâtiment. « Puisque c’est un processus toujours en continu, il n’y a pas de fin officielle des travaux, même que d’autres modifications dans l’usine sont à venir », soutient Martin Valiquette, directeur général de Liberté. Au centre-ville, le Centre des arts Juliette-Lassonde a terminé ses travaux extérieurs, exécutés par l’entreprise maskoutaine Construction Bugère. La pose d’un ascenseur, de cloisons acoustiques, et d’un vitrail suivra, ce qui mènera l’échéance au début novembre. Le projet avait été lancé en catastrophe en mars dernier, le conseil municipal étant bousculé par le gouvernement fédéral en raison d’une demande de subvention présentée il y a plusieurs années pour le même projet. Le montant total projeté pour ses travaux est de 1,3 M$, dont 550 000 $ seront assumés grâce aux subventions de Patrimoine Canada et de la Société de diffusion des spectacles.

Deux chantiers litigieux

La démolition et reconstruction du centre communautaire Douville avait été confiée, en février dernier, à un entrepreneur soupçonné de fraude par Revenu Québec. Même si Cordev Construction était toujours autorisée à recevoir des contrats publics, elle est maintenant au coeur de litiges à Saint-Hyacinthe. Quelques-uns des sous-traitants engagés par Cordev Construction se plaignent de ne pas avoir été payés, ou du moins que partiellement, pour leurs travaux effectués au Centre communautaire Douville. L’un d’entre eux, T.M.S. Construction, a déposé une hypothèque légale s’élevant à 197 606 $ contre l’entrepreneur.

D’après le directeur général de Saint-Hyacinthe, Louis Bilodeau, Cordev Construction utilisait un système de documents falsifiés afin d’obtenir son dû de la part de la Ville, sans pour autant rémunérer les sous-traitants. Toutefois, le litige n’a pas eu de répercussion sur l’échéancier et le budget prévus jusqu’à maintenant. « Les travaux sont complétés à environ 80 %, alors que nous n’avons versé que 36 % du montant total à l’entrepreneur jusqu’à maintenant », explique M. Bilodeau, en ajoutant que le pavillon devrait être terminé avec plus ou moins deux semaines de retard. Les coûts de ce projet, situé sur la rue Gouin, s’élèvent à 2 075 000 $, dont 61 000 $ avaient été octroyés à Sphair Décontamination pour le désamiantage de l’ancien pavillon Douville. Le second chantier avec lequel la Ville enchaîne les problèmes est celui du réaménagement du couvent de La Métairie, dont la transformation en pavillon culturel est estimée à 8,5 M$. Une présence d’amiante a été signalée dans les murs du bâtiment « B » (la rallonge construite en 1974), ce qui a forcé l’octroi d’un contrat de 246 000 $ pour la décontamination. Cette partie du couvent est actuellement en démolition, une tâche exécutée par la firme maskoutaine Transport Raynald Boulay. Même si l’édifice avait été racheté au Groupe Robin en 2011 dans le but de « préserver l’héritage culturel », cette décision n’a jamais fait l’unanimité au sein des conseillers municipaux. La conseillère Sylvie Adam, du district Sacré-Coeur, s’oppose depuis le début au projet de relocalisation des quinze organismes culturels dans les nouveaux locaux du couvent. Selon elle, c’est au centre-ville qu’ils devraient être regroupés et non sur la rue Saint-Pierre Ouest. La Société de développement du centre-ville de Saint-Hyacinthe a emboîté le pas en demandant en vain un temps d’arrêt dans le dossier lors du dernier conseil municipal.

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