28 novembre 2019
États financiers 2018
Saint-Hyacinthe enregistre un surplus, mais creuse sa dette à long terme
Par: Rémi Léonard

Les états financiers de la Ville de Saint-Hyacinthe pour l’année 2018 affichent un surplus de 1,62 M$ sur un budget qui s’élevait au départ à 101,8 M$. C’est un peu moins que le surplus 2017, mais plutôt conforme à la moyenne des dernières années, qui se sont toutes terminées par un solde positif.

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Un facteur déterminant dans ce résultat a été la progression des revenus de taxes, qui a procuré à elle seule 3,15 M$ supplémentaires aux coffres de la municipalité en raison des nouvelles constructions et des rénovations qui ont augmenté la valeur foncière sur le territoire.

Les détails de l’année financière 2018 ont été présentés aux médias lors d’un point de presse tenu au cours de la saison estivale. En voici les grandes lignes, à l’aube du dévoilement du budget 2020 de la Ville de Saint-Hyacinthe.

Le positif…

Les droits de mutation immobilière, communément appelés la taxe de bienvenue, ont également généré 1,37 M$ de plus que ce qui avait été budgété. Il faut dire qu’en début d’année, la Ville a choisi de hausser ces droits sur les transactions les plus importantes (500 000 $ et plus). Une méga transaction de 23,5 M$ entre deux gros joueurs immobiliers a ainsi rapporté à elle seule 829 000 $ à la municipalité en droits de mutation. Cette vente concernait des propriétés situées dans le secteur commercial au nord de l’autoroute 20, notamment les bâtisses abritant le Walmart et le Bureau en gros.

Il faut aussi savoir que les dépenses globales se sont avérées 1,62 M$ en deçà des prévisions en raison des « économies » réalisées dans la plupart des fonctions budgétaires, contribuant ainsi à dégager un surplus.

…et le négatif

À l’inverse, les revenus liés aux constats d’infraction émis par la Sûreté du Québec sont en recul de 378 800 $. Des « mesures correctives » ont toutefois été mises en place depuis « pour redresser la situation », a souligné le maire Claude Corbeil dans sa présentation. La situation est d’autant plus problématique qu’en parallèle, les frais liés aux services policiers sont en croissance, dépassant de 349 600 $ les prévisions budgétaires.

On note également que la création de l’ARTM, en remplacement du CITVR, implique pour l’année 2018 une quote-part accrue de 593 800 $ pour la Ville de Saint-Hyacinthe afin de financer le transport en commun régional.

La dette bondit

Rappelons que la municipalité a malgré tout accumulé une marge de manœuvre en cours d’année, qui a en partie été utilisée pour rembourser par anticipation des projets comme la réfection de certains pavages, trottoirs et bordures (2,19 M$), l’aménagement du toit vert au centre de congrès (735 400 $) et l’acquisition de propriétés sur les avenues Saint-Simon et de la Concorde Nord (900 000 $), évitant ainsi d’aller en emprunt.

L’astuce n’a cependant pas empêché la dette à long terme de croître fortement en 2018, une situation prévisible puisque le financement de quelques grands projets entrepris dans les dernières années commence maintenant à se faire sentir sur la dette, principalement la construction du centre de congrès, mais aussi l’achat de l’immeuble de la Fédération des caisses Desjardins, entre autres.

De 22,57 M$ au 31 décembre 2017, la dette à long terme supportée par l’ensemble des contribuables est passée à 51,44 M$ un an plus tard, en hausse de 128 %. Une portion de 23,34 M$ est également chiffrée dans la dette dite « autofinancée » puisque des revenus d’appoint pourront venir la rembourser. La filière de biométhanisation accapare la majeure partie de ce montant.

Le maire a déjà fait savoir que la dette municipale continuera de grimper l’an prochain, lorsque s’ajoutera le financement du projet d’étagement ferroviaire dans l’axe du boulevard Casavant. La marge de manœuvre du conseil sera alors passablement limitée puisque ce dernier a fixé à 80 M$ le plafond symbolique à ne pas dépasser pour la dette à long terme.

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