25 août 2011
Saint Jack priez pour le NPD
Par: Martin Bourassa

À écouter tous les reportages et les éloges depuis l’annonce de son décès, on pourrait croire que Jack Layton file tout droit vers la canonisation.

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À écouter tous les reportages et les éloges depuis l’annonce de son décès, on pourrait croire que Jack Layton file tout droit vers la canonisation.

C’est dire à quel point il aura rapidement marqué les gens, alors qu’il y a un an à peine son décès serait passé pratiquement inaperçu, au Québec du moins.Oui le coup de foudre aura été puissant entre les Québécois et Jack. Violent même, mais bref. Comme c’est souvent le cas des plus belles histoires d’amour. Et son testament politique est une belle lettre d’amour, sur fond d’espoir.C’est dommage, car on ne saura jamais ce qu’il aurait pu faire du NPD, ou ce que son parti serait devenu sous sa gouverne avec son statut d’opposition officielle.C’est peut-être mieux ainsi diront certains. S’il manquera à nombre de citoyens, son absence sera encore plus cruelle pour tous les députés du NPD devenus soudainement orphelins de chef, des gens qui pour la très grande majorité doivent leur élection au charisme de Jack, combiné à une écoeurite aiguë des vieux partis et de leur poutine.Si quatre mois après les élections le NPD semble encore fragile et désorganisé dans bien des comtés et considérablement affaibli par l’absence d’un chef malade et d’une remplaçante controversée, les prochains mois seront plus critiques encore.Et Jack Layton ne l’a pas caché dans sa lettre d’adieu dans laquelle il dicte la route à suivre à des députés qui commencent à peine à marcher. Le NPD devra rapidement faire son deuil et élire son chef. L’élan de sympathie qui a porté le chef et le parti jusque sur les banquettes de l’opposition officielle ne sera pas éternel. Loin de là.Et la mauvaise nouvelle pour le prochain chef, c’est que ce n’est jamais évident de remplacer un bon vieux Jack. Les attentes seront grandes, voire démesurées, et le jeu des comparaisons cruel. Remplacer un saint homme n’est pas chose facile.Parlez-en à Benoit XVI.

M.B.

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