12 août 2021
Assemblées du conseil de la Ville de Saint-Hyacinthe
Séances formatrices?
Par: Le Courrier
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Soixante-douze, c’est le nombre de points qu’il y avait à l’ordre du jour de la plus récente séance publique du conseil municipal de la Ville de Saint-Hyacinthe, le 2 août. Une séance-fleuve, peut-être la plus chargée de l’histoire contemporaine de la Ville, a risqué le maire Claude Corbeil. Une séance de fin de régime, à quelques semaines des élections.

Croyez-le ou non, l’ordre du jour a été adopté une heure après l’ouverture de l’assemblée. Vous ai-je mentionné l’imminence des élections municipales de novembre? Toujours est-il que le maire a commencé la réunion par sa revue de l’actualité municipale des derniers jours. Il a entre autres rappelé l’ouverture de l’étagement du boulevard Casavant et la bonne performance de nos athlètes maskoutains aux Jeux olympiques, ce qui n’excuse en rien le silence et le peu de fierté manifestés par la Ville avant et après leurs épreuves.

La période de questions a été en bonne partie monopolisée par les candidats de Saint-Hyacinthe unie qui ont profité de l’occasion pour tenter de se mettre en valeur. « Tenter » est le mot approprié. Puis, il y a eu un tour de table des élus, leur période d’information. David Bousquet a entre autres répondu à une lectrice du COURRIER qui s’inquiétait dans notre page Forum du piètre état des tunnels piétonniers. La Ville est tributaire du bon vouloir du Canadien National, a expliqué l’élu. Commentaire pertinent s’il en est un, car c’est bien la première fois que la Ville l’énonce aussi clairement. C’est juste avant l’adoption de l’ordre du jour que le maire Corbeil s’est permis un petit commentaire (sarcastique?) à l’endroit des candidats de Saint-Hyacinthe unie présents ce soir-là.

Il les a invités à assister à toute la séance plutôt que de quitter l’hôtel de ville dès les premiers points passés comme ils auraient l’habitude de le faire.

Considérant leur envie de déloger les élus actuels, il a mentionné que cette longue séance pourrait être un exercice formateur pour eux. S’ils ont suivi son conseil, ces candidats ont pu voir tout ce qu’il y a d’agaçant dans ces séances opaques. Pour nous convaincre du manque de transparence de la Ville, c’est en effet assez formateur merci!

Les élus ont adopté à l’unanimité deux amendements à l’entente de collaboration avec Beauward Immobilier à propos du Sheraton et du centre de congrès. Ils n’ont pas cru bon détailler en quoi consiste ces amendements… confidentiels!

C’est quand même particulier de devoir amender une entente publiquement, mais de devoir en taire le contenu. J’aimerais bien savoir ce qu’en pense la Commission municipale du Québec. D’autant plus que les élus ne se sont pas limités à ce seul secret, oh! que non.

Ils ont aussi prolongé leur entente de collaboration sur le service de navette, sans donner plus de détails. Mieux, ou pire, c’est selon, le conseil a accordé une aide financière de 500 000 $ à l’opérateur du centre de congrès municipal, sans préciser la situation financière de ce dernier qu’elle cautionne déjà pour la somme de 2,5 M$. Il s’agit d’argent public, rappelons-le. Il est anormal que les états financiers du gestionnaire et l’entente qui lie les deux parties soient cachés, surtout si c’est la Ville qui éponge ses dettes. Et dans la mesure où cet argent servira à renflouer les coffres du gestionnaire, il n’est pas dit que la Ville n’aura pas à réinvestir de l’argent frais pour accélérer la reprise du tourisme d’affaires.

Mais où diable se cache la Commission municipale quand on a besoin de son éclairage?

La Ville explique souvent son manque de transparence par sa volonté de ne pas révéler d’informations stratégiques dont pourraient se servir ses compétiteurs de l’industrie. Cela ne tient pas la route puisque la Ville de Saint-Hyacinthe ne laissera jamais son centre de congrès municipal sombrer. Elle vient d’ailleurs d’en faire la démonstration.

Et elle le fera jusqu’à ce que la rentabilité du centre de congrès soit acquise. Si ce jour survient un jour. Pour s’en convaincre, encore faudrait-il voir les chiffres.

Tout cela pour rappeler une grande vérité : ce n’est pas parce qu’on se tape trois heures de séance publique du conseil municipal de Saint-Hyacinthe qu’on y apprend grand-chose. Il est donc conseillé à qui souhaite faire de la politique municipale à Saint-Hyacinthe de s’abonner au COURRIER pour parfaire son éducation. C’est encore plus formateur…

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