30 novembre 2017
carte blanche
Simon Dufour
Par: Christian Vanasse

L’histoire de ce jeune homme, victime d’intimidation, me trouble encore. 

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J’étais parti pour écrire sur autre chose. Sur la bêtise humaine, plus intéressante que l’intelligence, car sans limites. Ces francophones qui baragouinent quelques mots de français pour « accommoder » les médias ou ces amoureux du fusil qui ratent la cible, se tirent dans le pied et donnent des munitions à leurs opposants. Je voulais rire de ça. Mais je ne pense qu’à Simon.
« Rassurez-vous, on a un plan, clament en chœur ministre et écoles. Campagnes de sensibilisation, d’information, mais aussi, ahah! des mesures concrètes et une équipe en charge de lutter contre l’intimidation. » Ah, ben, me v’là un peu rassuré. Pourriez-vous faire plus? Un site web? Des apps? Un algorithme sur les plateformes de jeu et les médias sociaux pour détecter la détresse psychologique? Oui? Encore plus? Clôturer toutes les voies ferrées, ponts, rames de métro et autoroutes? Ouf… ah ben là, je suis presque totalement rassuré. Pourtant. Je pense encore à Simon. Et à tous les autres Simon.On exige de la société, de l’école, du gouvernement et des compagnies qu’elles fassent tout ce qui est possible et impossible pour reconnaître la détresse émotionnelle. Mais tout cela échouera si nous ne pouvons, comme individu, fournir ce dont notre époque manque cruellement : de l’empathie. La reconnaissance et la compréhension des émotions des autres. Tous les jours, nous avons de nouvelles preuves de l’insondable bêtise de l’humain, de son incapacité à se mettre à la place de l’autre, à écouter et comprendre sans tomber dans l’insulte, la haine ou la violence.
Voilà pourquoi le jeune Dufour me revient en tête. Parce que nous sommes tous des Simon. Et parfois, nous sommes ses intimidateurs. 

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