25 février 2021
Meurtre de Nancy Roy
Son conjoint accusé de meurtre au deuxième degré
Par: Olivier Dénommée

Les policiers ont passé l’essentiel de la journée de mardi au Grand Château pour interroger des potentiels témoins du meurtre de Nancy Roy, une Maskoutaine de 44 ans. Ils ont finalement arrêté son conjoint, Jean-Yves Lajoie, 57 ans, qui a été formellement accusé de meurtre au deuxième degré mercredi après-midi. Photo Adam Bolestridge

La violence conjugale a selon toute vraisemblance fait une nouvelle victime à Saint-Hyacinthe. Nancy Roy, 44 ans, a été violemment agressée à l’arme blanche dans son appartement, mardi matin, et a succombé à ses blessures en après-midi. Son conjoint, Jean-Yves Lajoie, a été formellement accusé de meurtre non prémédité mercredi.

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Selon les informations disponibles, le drame s’est joué mardi peu avant 8 h, dans le logement de la victime situé dans le Grand Château, un immeuble à logements situé sur la rue Girouard Ouest, au centre-ville de Saint-Hyacinthe. Les témoignages rapportés par Le Journal de Montréal sont à glacer le sang : « Elle criait à l’aide et elle frappait sur le plancher », a notamment raconté le concierge du bâtiment. Ce sont les voisins qui ont appelé la police après avoir entendu les appels à l’aide de la victime.

Nancy Roy a été transportée à l’hôpital dans un état critique, mais les efforts des secours ont été vains et son décès a été confirmé peu avant 16 h mardi. En confirmant le décès et l’identité de la victime, la Sûreté du Québec (SQ) a aussi ajouté qu’elle avait « rencontré » un homme de 57 ans en lien avec cette affaire sans préciser son identité à ce moment. Il a depuis été révélé qu’il s’agissait de Jean-Yves Lajoie, conjoint de la victime et résident d’un autre logement au Grand Château. Celui-ci avait les mains tachées de sang à l’arrivée des policiers.

Jean-Yves Lajoie, sans antécédents judiciaires, est actuellement détenu à l’Établissement de détention de Sorel-Tracy et a été formellement accusé de meurtre non prémédité lors d’une brève comparution par visioconférence au palais de justice de Saint-Hyacinthe, mercredi après-midi. L’accusé, échevelé et portant le masque de procédure, n’a pas démontré d’émotions particulières durant sa très brève apparition. Il était représenté par Me Marc-André Gauthier alors que la Couronne était représentée par Me Sandra Bilodeau. L’accusé demeure détenu et sera en quarantaine pendant deux semaines avant le retour de son dossier devant un juge le 12 mars , une fois de plus par visioconférence.

Les organismes ébranlés

Les ressources venant en aide aux femmes victimes de violence conjugale s’inquiètent depuis le début de la pandémie que des femmes hésitent à faire appel à leurs services à cause du confinement et de la présence continue du conjoint agresseur à la maison (voir autre texte en page 12). Le meurtre de mardi vient accentuer leurs craintes, d’autant plus que les effets d’un tel drame sont imprévisibles.

« Un drame comme celui-ci fait augmenter l’anxiété des victimes, surtout quand ça se passe dans la même ville. Certains conjoints violents peuvent même utiliser cette nouvelle pour faire peur à leur victime et lui dire qu’il va lui arriver la même chose si elle essaie de le quitter », s’inquiète Valérie Grégoire, coordonnatrice de La Clé sur la Porte.

Elle croit que si le drame de mardi peut servir d’étincelle pour certaines femmes en situation de violence conjugale, il sera plutôt un « obstacle de plus » pour certaines autres femmes qui auraient peur de quitter un conjoint violent.

« Avec la pandémie, notre espace est plus limité, mais il y a un bon roulement et on ne refuse d’aider personne; notre soutien téléphonique est accessible 24 heures sur 24 et on peut référer à d’autres ressources au besoin », assure Mme Grégoire, invitant les personnes qui en sentent le besoin à joindre La Clé sur la Porte par téléphone au 450 774-1843 ou via sa page Facebook.

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