2 septembre 2021
carte blanche
Sous l’asphalte
Par: Christian Vanasse
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Récemment, au cours de travaux de voirie, des ouvriers maskoutains ont enlevé l’asphalte au coin des rues Mondor et Girouard et sous le bitume sont apparus… des pavés! De belles briques grises légèrement rebondies comme dans les rues touristiques du Vieux-Québec, dans nos souvenirs de voyage ou sur les cartes postales ramenées « des Europes ».

Rapidement, des photos se sont mises à circuler, ouvrant les yeux et déliant les langues. Certains se souvenaient d’avoir vu ces pavés dans leur enfance, du bruit caractéristique des carrioles qui roulaient dessus et d’autres s’amusaient en se rappelant qu’il pouvait être parfois difficile de franchir cette rue en talon aiguille en sortant du « grill » du Grand Hôtel.

D’autres encore racontaient que cette technique de pavage permettait aux chevaux de gravir les côtes abruptes, et qu’ainsi la rue Bourdages tout comme la Cascades en cacheraient aussi. En fait, plusieurs tronçons de rue pavés existeraient encore dans le centre-ville, enfouis près de l’hôtel de ville et du parc Dessaulles. Avec ces pavés, c’est le passé qui remonte, disent certains, mais peut-être aussi le futur. Les rues pavées reviennent à la mode grâce à la piétonnisation de certaines artères, à Granby, Drummondville et ailleurs, principalement pour leur beauté, mais aussi leur efficacité. Durables, recyclables et plus perméables à l’eau, elles comptent de nombreux avantages. Mais avant qu’on ait pu rêver davantage, vroum, elles ont été recouvertes d’asphalte noir.

Reste qu’un petit trésor dort sous nos pieds. Un peu de volonté (et de budget) nous permettrait d’en profiter de nouveau. Et tiens, on va dépenser des millions pour revamper l’aéroport afin d’attirer une clientèle d’affaires et touristique, alors pourquoi ne pas couvrir les pistes d’asphalte là-bas et redécouvrir les pavés au centre-ville? Ça ferait de belles cartes postales.

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