16 juillet 2015
Nissan Maxima
Sportive de salon
Par: Marc Bouchard
Photos Marc Bouchard

Photos Marc Bouchard

Nul ne pourra mettre en doute les efforts de Nissan pour se refaire une image en matière de style. Au fil des années, le constructeur qui nous a donné deux générations spectaculaires de Murano, qui a créé la Juke et perfectionné la 370Z (bon, il y a bien la Leaf, mais on ne peut pas jouer gagnant à tous les coups quand on parle de style), nous a habitués à des efforts dramatiques dans ce domaine.

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La nouvelle Nissan Maxima n’échappe pas à cette tendance. La huitième génération de cette voiture sport à quatre portes arrive avec une allure totalement remaniée, une conduite notablement plus sophistiquée et un prix plus abordable que jamais. Malheureusement, tout n’est pas qu’affaire de style, et il faut aussi livrer la marchandise, ce que la Maxima fait sans excès.

Réglons la chose tout de suite : ce n’est pas moi qui parle de voiture sport quatre portes, mais l’expression 4DSC pour 4 doors sport car créé par Nissan. Une affirmation que l’on peut certainement mettre en doute, surtout en matière de sportivité, même si la nouvelle génération prend définitivement davantage cette tangente.

Comprenons-nous bien : l’ancienne Maxima flirtait dangereusement avec les voitures de luxe, au point de m’avoir déjà fait écrire qu’elle aurait davantage sa place chez Infiniti que chez Nissan. La nouvelle génération, pourtant plus sophistiquée et confortable, perd un peu de ce lustre trop haut de gamme, ce qui est une excellente chose.

Ne vous méprenez pas, ce n’est pas que la Maxima n’offre pas de luxe, bien au contraire. Mais on s’y sent vraiment davantage à bord d’une voiture plus sportive que dans le froid cockpit de certaines voitures haut de gamme. Dans mon esprit, c‘est un avantage plus qu’un inconvénient puisque cela confère à la Maxima une personnalité qu’elle avait un peu effacée au fil des générations.

Sportive, pas vraiment!

Même si Nissan se targue d’avoir créé une voiture au tempérament sportif, il faut demeurer dans les limites du raisonnable. Le moteur V6 de 3,5 litres développant 300 chevaux et 261 lb-pi de couple. Même si de prime abord le moteur peut sembler identique à celui qui propulsait l’ancienne génération, plus de 61 % de ses composantes sont nouvelles.

Jumelé exclusivement à une boîte de vitesse automatique à variation continue (CVT) qui envoie la puissance du moteur aux roues avant, le moteur de la Maxima peut se vanter d’offrir une amélioration de la consommation de carburant de l’ordre de 15 %. Selon Nissan, la consommation moyenne se situera à 9,5 litres aux 100 kilomètres, soit mieux que n’importe quel compétiteur dans le segment.

Une fois ces choses dites, cela ne permet pas de voir la Maxima comme sportive pour autant. Sa direction est agréable, bien qu’un peu lourde, mais elle permet d’enfiler les virages avec une remarquable aisance, au point où mon passager a un peu regretté son petit-déjeuner trop copieux.

Malgré tout, c’est davantage pour le confort que pour les performances que la Maxima attirera les amateurs. L’habitacle est spacieux, les sièges agréables et le tableau de bord, bien que pensé comme celui du voiture de sport, mise davantage sur l’ergonomie. Bref, de ce point de vue, rien à redire.

Petit bémol, sans doute le fruit de la malchance : notre première journée d’essai s’est effectuée au volant d’une version SR dont les suspensions étaient calibrées plus sportives. Une nuance agréable, d’autant que nous avons sillonné les petites routes de campagne des Laurentides dans des conditions parfaites. Placée en mode sport, la voiture obéit au doigt et à l’oeil pour une berline de cette taille.

En revanche, l’insonorisation tant vantée n’était pas au rendez-vous, et j’avoue avoir trouvé les bruits de roulement envahissants. Une faiblesse que nous n’avons pas pu noter le lendemain alors que notre essai s’est poursuivi au volant de la version plus haut de gamme Platinum.

Un bon mot aussi pour le style extérieur, raffiné et agréable, beaucoup plus beau en personne et en mouvement que sur une simple photo. On le dit inspiré des avions chasseurs, ce qui est un bel exemple de langage marketing, mais le tout est une belle réussite.

En résumé

Aux États-Unis, la Nissan Maxima est une star, et vend des dizaines de milliers d’unités. Au Canada, elle est plus timide et en se mesurant aux Acura TLX de ce monde, on souhaite atteindre les 1500 unités vendues.

Soyons honnêtes : parce qu’on pratique une politique de prix agressive, et parce que la voiture a un comportement plus qu’agréable, les objectifs devraient facilement être atteints. Malgré les prétentions de Nissan, ce ne sont certainement pas les amateurs de voiture sport qui vont l’aider. La Nissan Maxima est clairement une berline confortable et agréable à tout point de vue. Mais sportive, pas certain….

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