4 octobre 2012
Dépanneur du marché
Sylvie Saint-Pierre, irréductible propriétaire
Par: Maxime Prévost Durand

Être propriétaire d’un dépanneur durant 25 ans, ce n’est pas rien. Sylvie Saint-Pierre vient tout juste d’atteindre cette barre avec le Dépanneur du marché, coin Sainte-Anne et Saint-Antoine au centre-ville de Saint-Hyacinthe.

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Le 25 septembre 1987, elle devenait, à 24 ans, propriétaire du dépanneur, après deux ans de gérance à ce qui sert de véritable petit marché aux clients du centre-ville. Un rythme de vie démesuré attendait la jeune femme, alors qu’elle travaillait du lundi au samedi au commerce, en plus de devoir faire un autre quatre à cinq heures de travail le dimanche au niveau de la comptabilité. « À cet âge, on est plein de bon vouloir et d’énergie », ricane-t-elle.

Avec les années, le chiffre d’affaires augmentait, tout comme la motivation et l’ambition. Mme Saint-Pierre ne voulait pas offrir qu’un simple dépanneur à ses clients, mais pratiquement un minimarché. « Il y avait un temps où on avait des fleurs, une autre époque où on avait un coin vidéo. Ce n’était pas qu’un dépanneur avec du pain et du lait. »Même si d’autres ont fermé au fil du temps, le Dépanneur du marché a su rester fort et à tirer son épingle du jeu. Sa force? « Un service très personnalisé, nous dit la propriétaire. On appelle nos clients réguliers par leur nom, on les connaît. On sait d’avance quelle sorte de cigarettes ils prennent. Elles sont déjà sorties sans même qu’ils n’aient à le demander », donne-t-elle en exemple. La longévité de la gérante actuelle, Diane Lavigne, devient en soi une autre force. C’est un visage connu par tous les clients réguliers du dépanneur, faisant partie de l’équipe d’employés depuis 20 ans. « Elle est toujours là, dévouée et disponible, même dans les moments plus durs. »Aujourd’hui, elle ne vendrait pas son dépanneur pour tout l’or du monde, du moins, tant et aussi longtemps que sa gérante voudra encore y travailler. « J’ai reçu plusieurs offres. Il y a un moment où j’avais des appels chaque semaine, explique-t-elle. Maintenant, j’ai un appel avec une offre d’achat par mois je dirais. » Tout n’est toutefois pas qu’une question d’argent. « Je n’ai jamais été tentée de vendre pour une question de sécurité d’emploi. La journée où Diane sera tannée de faire ce travail, on pourra songer à vendre. » Mais d’ici là, Sylvie Saint-Pierre restera fidèle au centre-ville!

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