17 mai 2012
Semaine de la santé mentale
Témoignage : être sous l’emprise de l’alcoolisme
Par: Le Courrier

La dépendance et la maladie mentale sont des troubles très souvent associés. Dans le cadre de la Semaine de la santé mentale qui se déroulait du 7 au 13 mai au Canada, Johnny (nom fictif) raconte lors d’une entrevue accordée au COURRIER comment il a eu recours aux services du Centre de réadaptation en dépendance Le Virage et comment il combat jour après jour l’alcoolisme.

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Père de famille de quatre enfants, dont trois de trois conjointes différentes, Johnny est cadre-professionnel qui travaille pour le même employeur depuis plus de 10 ans. Depuis 25 ans, il souffre d’alcoolisme, mais ce n’est qu’en 2010 qu’il sombre profondément dans l’enfer de l’alcool.

À l’automne, ce dernier se retire du travail pendant deux semaines et entame une thérapie de groupe externe au Centre de réadaptation en dépendance (CRD) Le Virage. Il souffre, entre autres, d’un problème d’affirmation et de dépendance affective. La thérapie terminée, il reprend ses habitudes et recommence à boire.« Cela n’a pas fonctionné parce que je n’ai pas changé mes habitudes. Je suis resté avec ma conjointe et elle consommait également alors j’ai fait une rechute l’été dernier, mais cette fois accompagnée d’une dépression majeure », admet Johnny.En mélangeant l’alcool et les médicaments pour traiter sa dépression, Johnny adopte des comportements problématiques. En plus de s’éloigner de plus en plus de ses enfants en raison de sa dépendance et de vivre davantage de conflits dans son couple, il accumule plusieurs démêlés avec la justice, dont des accidents en voiture avec conduite avec les facultés affaiblies et la perte de son permis de conduire.« On dit que j’avais encore beaucoup de gaz et que c’est pour cela que j’ai fait une rechute. Tout bon alcoolique a un ego démesuré et doit toucher le fond pour changer son comportement. En ce qui me concerne, c’était mon échappatoire. Cela ne marchait pas dans mon couple et je vivais du stress à mon lieu de travail. Il fallait que j’aie ma part de souffrance pour arrêter définitivement », explique-t-il.En juillet dernier, Johnny tombe en arrêt de travail pendant six mois en raison de sa dépression et de son problème d’alcool. Il entame une démarche de réadaptation avec hébergement pendant 21 jours au CRD Le Virage et poursuit par la suite avec les services externes. Aujourd’hui, il a cessé de consommer et va de mieux en mieux. « Je me sens moins anxieux. La vie est plus facile à vivre. Je fais quatre rencontres par semaine avec le CRD et ma relation avec mes enfants s’est améliorée. En ce qui concerne mes démêlés avec la justice, je sais que je devrai subir les conséquences de mes actes. Et pour mes relations de couple, le chemin que j’ai fait jusqu’à maintenant me permettra d’entretenir une relation plus saine dans l’avenir »Johnny sera toujours alcoolique, selon lui. Il pratique l’abstinence, mais voit sa vie personnelle et affective s’améliorer chaque jour. Il espère, avec son témoignage, aider une personne vivant un trouble de dépendance ou de santé mentale à s’en sortir. « On n’est pas obligé de tout perdre pour se prendre en main. Avec un bon vouloir, on est capable de reprendre le dessus et de recommencer à être heureux », conclut-il.

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