2 avril 2015
Tourner sa langue
Par: Martin Bourassa
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Le conseiller David Bousquet a la langue bien pendue et l’opinion facile, tous les observateurs de la scène politique municipale à Saint-Hyacinthe en conviendront. À commencer par les journalistes.

Invité par LE COURRIER à commenter le controversé dossier de la démolition de la E.T. Corset, il en a rajouté une couche en déclarant tout de go : « Le comité de démolition a dormi au gaz. C’est précipité comme décision ».

Voici une phrase lourde de sens et une attaque frontale quand on sait que trois élus municipaux siègent au fameux comité. Pensait-il que cette déclaration faite à un journaliste chevronné et rompu aux affaires municipales ne serait pas relevée, voire même retenue contre lui par ses collègues du conseil? Un peu de sérieux.

M. Bousquet a tenté de calmer le jeu en publiant un communiqué de presse dont lui seul a le secret et dans lequel il se cite lui-même à la troisième personne.

Au bénéfice de nos lecteurs, nous le publions sous sa forme intégrale dans notre page Forum. Vous serez à même de constater que M. Bousquet ne s’inclut aucunement dans le club des mal cités, ni ne remet en question la teneur exacte de sa fameuse déclaration-choc qu’il semble pourtant regretter. Sur ce point, c’est tout à son honneur.

Il y précise seulement qu’à son avis l’analyse du comité n’a pas été bâclée comme nous le suggérions face à la teneur de ses propos, mais qu’elle était « clairement incomplète ». Disons qu’il joue un peu sur les mots, voire sur les synonymes.

Il pousse cependant sa réflexion sur le travail du COURRIER beaucoup plus loin et c’est à ce niveau qu’il dérape un peu. Particulièrement quand il mentionne qu’à « plusieurs reprises, notre journal local a tenté de générer une rivalité entre certains membres du conseil municipal et, plus particulièrement, entre moi et mon collègue du district La Providence. J’ai beaucoup de respect pour tous mes collègues et je ne porte aucune rancoeur vis-à-vis l’un ou l’autre », écrit le conseiller du district Sacré-Coeur.

Ce dernier ajoute que LE COURRIER présuppose des situations conflictuelles IMAGINAIRES (!) entre certains élus du conseil. Avons-nous imaginé que pas plus tard qu’en février, M. Barré a remis M. Bousquet à sa place en lui reprochant de monopoliser inutilement la période d’informations réservée aux élus? Avons-nous imaginé qu’en novembre 2012, M. Barré a eu des mots sévères à l’endroit de M. Bousquet en l’accusant d’être le Père Ovide du conseil? Avons-nous imaginé la teneur d’un communiqué de M. Bousquet intitulé « Bernard Barré a clairement raté sa cible » et dans lequel il avait qualifié cette attaque de M. Barré de « purement personnelle et partisane »? Et voilà que M. Bousquet voudrait nous faire croire que la franche camaraderie et le respect mutuel prédominent entre tous les membres du conseil? Franchement. Sachez M. Bousquet que les journalistes du COURRIER n’inventent pas les nouvelles que nous publions. Ils rapportent des faits et des déclarations. Et ce, même quand les gens parlent sans avoir tourné leur langue sept fois dans leur bouche. Pour certains, la tourner dix ou douze fois serait peut-être préférable.

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