9 avril 2015
Aide médicale à mourir
Trop tôt pour se prononcer, disent les médecins maskoutains
Par: Jennifer Blanchette

Les médecins du Centre de santé et de ­services sociaux Richelieu-Yamaska (CSSSRY) refusent pour l’instant de se ­prononcer sur la décision de la Cour ­suprême de décriminaliser l’aide médicale à mourir et sur son application au sein des établissements de santé de la région.

« Après vérification, il s’avère encore trop tôt pour faire une entrevue à ce sujet. La loi est récente et il reste beaucoup ­d’information à recevoir pour les ­médecins sur la mise en application de cette loi. […] Mais surtout, nos médecins attendent les publications et les guides de pratique du Collège des médecins sur ce sujet. Notre équipe médicale doit se rencontrer par la suite et décider des ­modalités d’application de cette loi dans notre milieu », a indiqué par courriel la ­directrice des communications du CSSSRY, Marie-Josée Gervais.

Selon Mme Gervais, l’équipe médicale de l’organisation de santé de Saint-Hyacinthe a déjà tenu une rencontre ­concernant l’aide médicale à mourir au cours des derniers jours.

LE COURRIER a également tenté de ­rejoindre individuellement divers­médecins de la région. La plupart des ­demandes sont demeurées sans réponse.

L’un des omnipraticiens contactés a toutefois avancé qu’il n’y avait pas de consensus sur le suicide assisté au sein de la ­communauté médicale, chaque ­médecin étant confronté à ses propres valeurs sur la question, ce qui pourrait expliquer ce ­mutisme. Lui-même n’a pas souhaité ­partager publiquement son ­opinion.

­Dans un jugement unanime rendu le 6 février, la Cour suprême a autorisé l’aide médicale à mourir au Canada, ­donnant un an aux gouvernements pour mettre en ­application la loi.

Les Amis du Crépuscule

Pour l’organisme maskoutain Les Amis du Crépuscule, dont la double mission consiste à accompagner bénévolement les personnes en fin de vie ou encore les ­personnes en deuil, le jugement du plus haut tribunal au pays n’aura pas ­d’impact sur ses activités.

« Nous avons une neutralité par ­rapport aux différentes croyances de nos patients. À partir du moment où une ­personne ­choisit de prendre une ­décision, nous ­devons la respecter. Nous accompagnons les gens dans ce qu’ils sont », assure le ­directeur général, Alain Pelletier.

Infirmier de profession, M. Pelletier ­souligne que ses équipes de bénévoles ­auront la même approche auprès des clients qui feront une demande d’aide ­médicale à mourir que les autres, peu ­importe leur opinion personnelle.

« Notre action est dirigée sur l’écoute. Nous n’orientons pas les discussions. Les bénévoles attendent d’être invités à ­s’impliquer par le client », explique-t-il.

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