16 avril 2015
Un autre sondage
Par: Martin Bourassa
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Gouverner et décider en fonction d’un sondage, voilà ce que nous propose l’administration du maire Claude Corbeil en matière de développement résidentiel. La Ville dépensera 25 000 $ pour ajuster sa stratégie dans ce domaine, pour sonder le coeur des non-résidants qui travaillent chez nous et connaître les intentions de nos voisins qui résident dans un rayon… de 100 kilomètres!

Nous avons du mal à croire que toute cette opération passe par une enquête menée par une firme de sondage, quand dès le départ nombre de promoteurs et de professionnels immobiliers gravitent déjà dans l’entourage du maire. Une petite discussion à la table des sages suffirait sûrement à faire ressortir gratuitement quelques pistes intéressantes en vue de stimuler notre développement immobilier.

Le coeur du problème ne consiste pas à stimuler le développement immobilier à Saint-Hyacinthe, mais bien davantage à attirer chez nous des gens pour habiter tous les logements qui sortent de terre ou qui dorment dans les cartons des promoteurs.

Des gens qui cherchent d’abord et avant tout de bons emplois diversifiés.

De toute évidence, il n’y a pas de recettes miracles pour attirer du monde. Cette recette aurait pu être le train de banlieue, mais les dirigeants de l’époque ont refusé de sauter dedans quand l’opportunité est passée. Et c’est la petite communauté de Mont-Saint-Hilaire, en bout de parcours, qui a profité de cette manne.

Les autres incitatifs ont une portée limitée. À peu près toutes les municipalités ont des programmes de crédits de taxes semblables à celui de la Ville de Saint-Hyacinthe pour les acheteurs de maisons neuves. Pourrait-on réduire la taxe de bienvenue ou accoucher d’un crédit de taxes pour les acheteurs de maisons existantes?

C’est sans doute une voie à explorer, mais pas une panacée.

En matière d’idée originale, il y a très peu d’idées qui sortent du lot, à part peut-être l’initiative annoncée récemment par la Ville de Québec qui finance temporairement la mise de fonds de 5 % sans intérêt des jeunes familles ou personnes monoparentales souhaitant acheter une première maison ou un condo neuf. Pas certain que ce soit le mandat d’une municipalité de se lancer dans les prêts hypothécaires.

Cela dit, un examen de conscience s’impose également. Une facette non négligeable en matière de développement résidentiel serait de savoir si les promoteurs maskoutains font davantage partie de la solution que du problème. Font-ils assez pour stimuler leurs propres affaires? Sont-ils concurrentiels, flexibles et ouverts à la négociation quand vient le temps de conclure une transaction? Nous n’avons rien contre le fait d’aider les promoteurs, mais comme le dit l’adage : aide-toi et le ciel t’aidera.

Enfin, ce sera intéressant de voir que fera la Ville avec les résultats du sondage.

La dernière fois qu’elle en avait commandé un, on vous rappelle que c’était pour le dossier du prolongement du boulevard Casavant en 2012. Trois ans plus tard, elle n’a toujours pas donné suite à la volonté exprimée. Loin de là.

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