12 mai 2011
Bactérie C. difficile, cinq ans après
Un changement de mentalité en centre hospitalier
Par: Nicolas Dubois

Cinq ans après l’infection majeure au Clostridium difficile qui a sévi à l’Hôpital Honoré-Mercier en 2006, le Vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, estime que la nouvelle direction a fait ses devoirs. La prévention et le contrôle des infections nosocomiales ont été grandement améliorés, le centre hospitalier affichant une performance de loin supérieure à celle de bien des hôpitaux.

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C’est du moins le constat auquel en arrive le Vérificateur général du Québec dans son rapport sur la performance du Centre de santé et de services sociaux Richelieu-Yamaska (CSSSRY), responsable de la gestion de l’hôpital de Saint-Hyacinthe.En 2006, l’hôpital vivait la plus grande crise de santé publique de son histoire. Le ministre de la Sécurité publique de l’époque avait ordonné la tenue d’une enquête publique. Seize personnes infectées par la bactérie, majoritairement des personnes âgées déjà gravement malades, sont décédées. Quatre décès étaient directement attribuables au Clostridium difficile. Le rapport de la coroner, Me Catherine Rudel-Tessier, était sans équivoque; il y avait des lacunes au niveau des mesures d’hygiène et de l’entretien ménager, et pas juste à Honoré-Mercier, mais dans l’ensemble des centres hospitaliers du Québec. La coroner y mentionnait la nécessité d’implanter une « culture de la prévention ».Changement de mentalitéCinq ans plus tard, c’est tout un changement de mentalité qui s’est opéré localement. Le rapport du vérificateur mentionne que « le CSSSRY a réussi à résoudre les problèmes et affiche une excellente performance au regard de la prévention et du contrôle de ce type d’infections ».Une équipe de cinq infirmières affectées à temps plein à la prévention, procédures de contrôle pour l’hygiène des mains et questionnaires de dépistage à l’admission, toutes ces mesures ont contribué à diminuer les infections nosocomiales, estime le directeur général du CSSSRY, Daniel Castonguay.Selon le directeur, c’est une nouvelle pratique organisationnelle qui a été implantée à Honoré-Mercier. « Nous avons acquis les moyens de circonscrire plus rapidement les éclosions et ainsi d’en réduire les effets », a affirmé M. Castonguay, en entrevue au COURRIER. Le Vérificateur général abonde dans le même sens. « L’ensemble des mesures en place ont permis au CSSSRY d’afficher un taux plus bas que celui des établissements comparables pour trois des quatre dernières années et que celui des hôpitaux du Québec concernant une infection majeure […] », peut-on lire dans le rapport. Le centre hospitalier affiche un taux moyen de 5,8 quant aux diarrhées associées au Clostridium difficile par 10 000 jours-présence en 2009-2010, contrairement à un taux de 7,2 pour des hôpitaux ayant une taille similaire et une proportion semblable de personnes âgées de plus de 65 ans. L’équipe du Vérificateur général recommande également au CSSSRY d’évaluer la pertinence de mettre en place une surveillance systématique de l’application des protocoles en matière de prévention et de contrôle des infections nosocomiales. Le conseil d’administration a indiqué qu’il acceptait toutes les recommandations émises par le vérificateur.

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