10 septembre 2015
Un choix ferme?
Par: Pierre Bornais
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Au lendemain du dépôt du Rapport ­Godbout sur la réforme de la fiscalité, le ministre des Finances veut suivre les ­recommandations des experts. De façon schématique, on préconise des baisses ­d’impôt (milliards de dollars) et l’instauration du principe de l’ulisateur-payeur. Le tout devant être implanté à coût nul pour l’État.

On prévoit des centaines de millions de dollars pour « compenser » les contribuables moins bien nantis, lesquels, bien souvent, ne paient pas d’impôt. Les ­mesures suggérées portent la TVQ à presque 11 pour cent, une troisième hausse en quelques années. Et l’augmentation des tarifs d’électricité notamment, en fait une mesure récurrente depuis quelques années.

Théoriquement, tout serait alors pour le mieux dans le meilleur des mondes; on se demande pourquoi cette réforme n’a pas été implantée plus tôt! Sans doute parce que des bémols s’imposent pour réaliser une opération tout aussi profitable ou à tout le moins neutre pour tous les contribuables.

La taxe de vente est généralisée et touche la presque totalité des biens de consommation, sans aucune distinction sur la ­nature de ces derniers.

Avec notre manie du mur à mur, aucune distinction entre le nécessaire et ce qui pourrait être considéré comme du luxe; aucune modulation dans l’application de la taxation.

Certains en viennent à considérer – non sans raison – cette mesure comme ­« régressive » qui ne sera pas nécessairement ­rattrapée dans le temps par une allocation supplémentaire.

Il y a aussi la hausse de l’électricité qui cause problème. Il s’agit pour un grand nombre d’un bien nécessaire chez nous dont personne ne peut se passer ou limiter son utilisation de façon budgétaire.

Entre la théorie et la réalité, le fossé est certain.

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