13 juin 2013
Un dentiste maskoutain perd le droit d’exercer à vie
Par: Jennifer Blanchette
Le permis d'exercice du dentiste Robert Rivard a été révoqué le 28 mai.

Le permis d'exercice du dentiste Robert Rivard a été révoqué le 28 mai.

Le permis d’exercice du dentiste maskoutain Robert Rivard a été révoqué après qu’une première sanction ait été retenue contre lui devant le Conseil de discipline de l’Ordre des dentistes du Québec.

Reconnu coupable de quatre chefs d’accusation, dont celui d’avoir contribué à l’exercice illégal de la médecine dentaire, le Dr Rivard ne pratiquait déjà plus depuis juillet 2012. En raison de sérieux problèmes de santé, le dentiste, qui exerçait sur la rue Bachand, avait choisi de confier plus de tâches à son hygiéniste dentaire, y compris l’exécution des traitements d’orthodontie.

Selon la décision rendue par le Conseil,« aucun traitement n’est effectué s’il n’y a pas un dentiste présent à la clinique. [Robert Rivard], quant à lui, confirme qu’il n’examine pas toujours les patients qui ont reçu des traitements de [son hygiéniste dentaire] ». D’après le Dr Guy Auger, membre du syndic de l’Ordre, tous les dentistes ont l’obligation non seulement d’être présents lors d’un traitement, mais aussi de voir le patient au cours de chacune des consultations. Au courant de l’année 2009, la plaignante avait entrepris un traitement d’orthodontie au cabinet du Dr Rivard. Après sept mois de soins, la patiente n’avait vu le dentiste qu’une seule fois, pour l’extraction de dents de sagesse. Les autres traitements lui avaient été prodigués par l’hygiéniste dentaire du cabinet, une situation inquiétante pour la dame. Après qu’un autre dentiste de la région l’ait informé que ses traitements « n’allaient pas dans la bonne direction », la patiente avait informé le syndic de l’Ordre des traitements douteux qu’elle recevait au cabinet du Dr Rivard. La décision souligne également que plusieurs informations sont manquantes au dossier de la plaignante et qu’un diagnostic erroné a été posé. Le Dr David J. Flam, expert mandaté par le syndic pour évaluer les traitements reçus par la dame, note qu’en raison de ces irrégularités, la patiente risque un déchaussement des incisives inférieures ainsi qu’une possible perte osseuse.« La prescription et la planification des traitements ont toujours demeuré ma responsabilité. Quant à l’exécution des traitements, elle relève d’une hygiéniste enregistrée et compétente », avait expliqué monsieur Rivard dans une lettre adressée au syndic de l’Ordre en août 2010. Cependant, le conseil disciplinaire juge que cette situation contrevient au Code de déontologie des dentistes du Québec en augmentant les risques liés à la sécurité et au bien-être de la patiente. Bien qu’il ait pleinement collaboré avec le syndic, Robert Rivard a perdu le droit d’exercer la médecine dentaire à vie depuis le 28 mai.

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