20 février 2020
Mousquetaires de Saint-Hyacinthe pee-wee BB
Un duo tout féminin devant le filet
Par: Maxime Prévost Durand

Les gardiennes de but Anna Plante et Florence Mignault forment un duo tout féminin devant le filet des Mousquetaires de Saint-Hyacinthe pee-wee BB. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Il n’est plus rare de voir des filles évoluer dans des équipes « de gars » au hockey. Mais d’avoir deux gardiennes de but au sein d’une même équipe, de niveau élite de surcroît, on ne se trompe sûrement pas en disant que ça ne s’est vu que très rarement.

Publicité
Activer le son

Depuis le début de la saison, Florence Mignault et Anna Plante forment ce duo tout féminin devant le filet des Mousqutaires de Saint-Hyacinthe pee-wee BB. Et elles excellent. Dans la ligue élite du Richelieu, elles présentent de façon cumulative le troisième meilleur total de buts accordés à l’adversaire parmi les treize équipes de la classe.

« Ce sont deux des meilleurs goaleurs [gars ou filles] que j’ai eu la chance d’entraîner, indique l’entraîneur-chef des Mousquetaires, Tommy Ganley, qui cumule plusieurs années d’expérience dans le hockey. Elles se développent bien, elles se challengent et elles se préparent bien. »

Leur succès s’ajoute à celui de l’équipe, qui connaît une belle saison. Les Mousquetaires ont une fiche de 15 victoires, 7 défaites et 2 matchs nuls, bon pour le 4e rang de la ligue.

« L’équipe qui se trouve devant elles joue bien aussi et on a un bon système défensif », ajoute l’entraîneur.

Un parcours similaire

Ces deux jeunes filles, toutes deux âgées de 12 ans, ont un parcours – et un gabarit – qui se ressemble. Elles ont toujours joué avec les gars et elles sont devenues gardiennes de but dès qu’elles en ont eu l’occasion. Jamais elles n’avaient toutefois été dans la même équipe qu’une autre gardienne.

« Je trouve ça le fun », lance Anna à propos du fait qu’elles soient deux filles devant les buts, sous le sourire approbateur de sa coéquipière Florence.

Qu’est-ce qui leur permet de se démarquer? Certainement le fait de ne pas avoir froid aux yeux afin de bloquer les tirs dirigés vers eux. Surtout au niveau élite, où les rondelles peuvent arriver avec plus de force. Mais il y a aussi, bien sûr, les habiletés personnelles. « Je suis rapide avec les pads et la mite », affirme Florence avec fierté, des qualités qui semblent valoir pour son acolyte également.

« Des fois, c’est plus difficile vu que je suis plus petite, poursuit Florence. Ça me motive encore plus. C’est un défi pour moi, mais je suis capable de le relever. »

Ce qu’il y a de beau, c’est que Florence sert même de modèle à ses jeunes frères. Deux d’entre eux suivent ses traces en étant aussi des gardiens de but et un troisième souhaite le devenir à son tour. Bien avant elle, c’est sa mère qui était gardienne de but, raconte-t-elle.

Une réalité normalisée

À l’Association de hockey mineur de Saint-Hyacinthe, on dénombre 27 joueuses inscrites pour la saison en cours. Environ la moitié évolue avec des équipes masculines, puis l’autre s’aligne dans une ligue féminine simple lettre de la région Richelieu.

S’il fut une époque où les filles devaient constamment justifier leur place dans ces équipes « de gars », ce n’est plus le cas, estime l’entraîneur Tommy Ganley. Ce dernier a déjà été à la barre d’équipes strictement féminines et il sait combien elles peuvent être bonnes. Sa propre cousine a même fait son chemin jusqu’aux rangs junior AAA. Lorsqu’il a appris en début de saison qu’il allait pouvoir compter sur un duo de gardiennes de but – qui ont pleinement mérité leur place dans le double lettre – il s’en est d’ailleurs réjoui, confie-t-il.

Parce que quand Florence et Anna sautent sur la glace, le genre n’a plus d’importance. Elles font partie de l’équipe, tout simplement.

« Les gars nous respectent », mentionne Anna, secondée par son entraîneur. « S’il y a quelque chose qu’elles n’aiment pas, elles ont juste à me le dire, mais tout va super bien », se réjouit M. Ganley.

Nos deux Maskoutaines peuvent également compter sur de beaux modèles. Une joueuse comme Ève Gascon, cette gardienne de but qui est devenue la première à évoluer à temps plein la ligue midget AAA il y a deux ans, leur permet assurément de rêver grand. « Elle montre que les filles peuvent jouer dans les hauts niveaux, souligne Florence. Ça nous motive parce qu’on voit qu’on peut réussir. »

image