16 mai 2013
Un hôtel supralocal?
Par: Martin Bourassa
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La Ville de Saint-Hyacinthe joue avec le feu.

En décidant d’elle-même de revoir le zonage autour de l’Hôtel des Seigneurs pour en restreindre les usages, voire pour ne permettre que la vocation « hôtel et centre de congrès », elle vient de débarquer avec ses gros sabots dans le conflit de travail qui oppose la direction de l’établissement à ses quelque 325 employés.On la comprend de vouloir protéger cet actif capital pour la région, mais ce faisant elle vient de couper l’herbe sous le pied de l’employeur qui brandissait le spectre d’une vente et d’une transformation comme moyen de pression.Un moyen inefficace à ce jour, mais un des rares moyens en sa possession pour espérer ramener les employés à la raison. Pas certain que le propriétaire de l’hôtel, le Groupe Silverbirch, sera enchanté par cette initiative municipale. Voilà qui est de nature à refroidir un peu la relation d’affaires qui semblait vouloir se dessiner entre la Ville et lui, advenant le règlement du conflit. Il y a aussi le risque que Silverbirch riposte par une fermeture pure et simple, ce qui ne serait à l’avantage de personne.L’Hôtel des Seigneurs ne pèse pas très lourd dans le portefeuille immobilier de Silverbirch, qui doit commencer à taper du pied à l’autre bout du ROC.L’implication active du CLD Les Maskoutains dans les négociations, et l’absence de mandat officiel donné par la MRC et la Ville, est assez intrigante merci.Disons que la moyenne au bâton du CLD dans le règlement de conflits de travail, pensons à Olymel Saint-Simon, n’est pas très élevée. Il alimente plus souvent le feu qu’il ne l’éteint. Et dans la perspective où la Ville achèterait le centre des congrès, on voit mal comment elle pourrait en confier la gestion au CLD. J’anticipe déjà la réaction des maires de la MRC devant ce nouvel équipement supralocal. Hâte de voir s’ils seraient chauds à l’idée de savoir que leur contribution financière au CLD pourrait servir en partie à gérer ou absorber les déficits du centre de congrès de Saint-Hyacinthe, eux qui refusent depuis toujours de financer le centre des arts Juliette-Lassonde. La logique voudrait que la Ville confie plutôt le centre de congrès au Bureau de tourisme et des congrès et qu’elle s’organise elle-même avec ses troubles, loin de la MRC et du CLD.Mais voilà, la Ville de Saint-Hyacinthe défie souvent toute logique.

M.B.

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