3 mai 2012
Violence et intimidation au hockey mineur
Un Maskoutain veut faire une différence
Par: Maxime Desroches

Les campagnes de sensibilisation à la violence et l’intimidation auprès des jeunes hockeyeurs se sont multiplées au Québec ces dernières années. Bien que celles-ci aient pu aider à diminuer les blessures dues aux mises en échec et aux coups à la tête, des mesures plus concrètes de Hockey Québec s’imposent, estime André Fournier, un amateur de hockey déterminé à ce que les choses changent.

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C’est à la problématique de la violence sur la glace que s’attaque le Maskoutain de 66 ans en lançant une pétition électronique mise en ligne sur le site de l’Assemblée Nationale de Québec et parrainée par le député Émilien Pelletier, dont l’objectif est l’abolition de la mise en échec au hockey mineur, ou du moins dans les catégories bantam et midget, en classe BB et CC.

« La pratique du hockey plein contact mise énormément sur l’intimidation et l’agression physique du joueur adverse. Le gabarit des adolescents varie beaucoup d’un à l’autre. Pendant ce temps, les commotions cérébrales et les blessures graves de toutes sortes s’accumulent. Cela devrait être une obligation d’offrir à nos enfants un milieu sécuritaire pour la pratique du sport », plaide André Fournier, qui suggère qu’on transpose l’idée d’un jeu « semi contact », déjà en vigueur depuis 2011 pour les catégories pee-wee double lettre, chez les joueurs d’âge bantam et midget, à l’exception des clubs élite de calibre AA, Espoir et AAA.« L’initiative de Hockey Québec n’est pas sans faille, mais elle a changé pour le mieux le style de jeu en classe pee-wee. L’accent est mis sur le jeu de passes et non sur les mises en échec. On en a eu une belle démonstration lors des joutes au tournoi pee-wee de Saint-Hyacinthe, en janvier. C’est une bonne chose car une étude réalisée par des neurologues de l’Université de Montréal a prouvé la plus grande fragilité du cerveau chez les enfants de 11-12 ans. »

Un pourcentage infime

M. Fournier rappelle que le plaisir devrait être la finalité de la pratique du hockey à ce calibre de jeu.

« Lorsqu’ils atteindront 25 ans, 99 % des joueurs auront complètement arrêté la pratique du hockey ou joueront dans une ligue de garage sans contact. Dans un tel contexte, est-il vraiment acceptable qu’on prépare nos jeunes aux réalités du hockey professionnel, sachant que seules de rares exceptions en feront leur gagne-pain plus tard? », questionne-t-il.Hautement médiatisé, le décès prématuré de trois bagarreurs de la LNH à l’été 2011 a relancé le débat déjà bien enclenché sur les effets néfastes des gestes violents posés sur la patinoire. « Sauf qu’il est temps d’arrêter de parler de conscientisation et de poser des gestes concrets », martèle André Fournier.« Des conférenciers vont dans les écoles pour parler aux jeunes de violence, d’intimidation, de taxage et d’autres comportements du genre. J’aimerais qu’on m’explique en quoi ces gestes sont plus tolérables sur une patinoire que dans une cour d’école », conclut-il.On peut signer la pétition pour l’abolition de la mise en échec au hockey mineur en ligne au assnat.qc.ca

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