6 juin 2019
Bande dessinée et animation
Un nouveau monde s’ouvre à Diane Obomsawin
Par: Maxime Prévost Durand

Diane Obomsawin, déjà bien connue dans le monde de la bande dessinée et de l’animation, présente sa toute première exposition monographique pour clore la saison 2018-19 d’Expression. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Une rencontre. Il n’en fallait pas plus pour qu’Expression devienne le lieu de la toute première exposition monographique de l’artiste Diane Obomsawin, maintes fois primée pour son travail en bande dessinée et en animation. Depuis la fin mai, et jusqu’au 4 août, un corpus de neuf œuvres intitulé Les mondes est proposé au public, jumelant bande dessinée animée, scénario illustré, animation visuelle et installations inédites.

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Venue à Expression en 2016 pour assister à une exposition de Manon Labrecque, présentée par la commissaire Nicole Gingras, Diane Obomsawin s’y rendait simplement pour visiter ses amies. Mais au fil des discussions, elle a fait la rencontre de Marcel Blouin, directeur général du centre d’exposition, qui s’est rapidement intéressé à son travail. Trois ans plus tard, elle dévoile cette exposition, justement en compagnie de la commissaire Nicole Gingras.

Pour l’artiste, il s’agit d’une manière différente de présenter ses œuvres. « Ça représente pour moi une ouverture, une autre façon de raconter, dit Mme Obomsawin, au terme d’une visite médiatique de l’exposition. D’avoir cet espace, c’est tout nouveau pour moi, c’est un rapport que je ne connaissais pas. »

Les mondes du rêve et de la mythologie

Le rêve et la mythologie sont au cœur des créations de Diane Obomsawin, avec une signature visuelle qui lui est très propre. Directement inspirée par la lecture des Métamorphoses d’Ovide pour certaines d’entre elles, l’artiste choisit parmi l’ensemble de ses personnages ceux qui l’interpellent le plus, elle les apprivoise et se les approprie pour créer un univers où les créatures sont souvent mi-animales et mi-humaines. Ses histoires, quant à elles, sont puisées à même ses rendez-vous avec Morphée.

« Ce qui est particulier, c’est qu’au moment du montage de l’exposition, des liens que je n’avais même pas soupçonnés sont apparus entre les œuvres », mentionne-t-elle.

Avec plus de 25 ans d’expérience dans le milieu artistique, Diane Obomsawin cumule plus d’une quinzaine de bandes dessinées à son actif et tout près d’une vingtaine de films, dont sept pour le compte de l’Office national du film du Canada (ONF).

Certaines de ces œuvres ont d’ailleurs trouvé leur chemin jusqu’à l’exposition, comme le film d’animation Kaspar, qui retrace l’histoire de Kaspar Hauser, un enfant au destin tragique enfermé dans une cave durant les 17 premières années de sa vie et dont la libération lui est à la fois terrifiante et énigmatique.

Il y a aussi « Le manège », un scénario illustré qui était voué à devenir un film pour l’ONF, mais qui n’a finalement jamais vu le jour. Pendant qu’elle travaillait sur ce projet, le producteur qui l’épaulait dans le processus a vu ce qu’elle avait fait pour Kaspar. « Il m’a dit que ça ferait un bien meilleur film, se souvient l’artiste, amusée. J’avais donc rangé le scénario que j’avais commencé pour “Le manège”. Je l’ai ressorti et je l’ai complété pour l’exposition. »

Des œuvres inédites

Quatre des neuf œuvres qu’on retrouve dans Les mondes ont d’ailleurs été conçues spécialement pour cette exposition à Expression, dont « Les étoiles », première installation que l’on croise en entrant dans la salle. Évoquant la métamorphose et l’infini, aussi petit ou immense soit-il, l’artiste laisse toutefois le soin à chaque visiteur d’interpréter l’animation à sa manière plutôt que de suggérer une signification précise, une approche qui la suit constamment dans son processus artistique.

Cette exposition marque du même coup la fin d’une saison 2018-19 variée du côté d’Expression. Outre l’univers dessiné et animé de Diane Obomsawin, les arts médiatiques de François Quévillon et les installations mixtes de Giorgia Volpe ont animé le centre d’exposition dans les derniers mois, en plus de la présentation de la 6e édition de la triennale ORANGE.

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