12 mai 2011
Un Plan incomplet
Par: Martin Bourassa

Le gouvernement du Québec n’est pas facile à suivre.

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Le gouvernement du Québec n’est pas facile à suivre.

Prenez le Plan Nord. Québec vient d’annoncer en grande pompe le déploiement de ce projet qui prévoit des investissements de l’ordre de 80 milliards sur 25 ans pour développer le Nord québécois. On comprend qu’il compte investir quelques milliards de sa poche dans les infrastructures et que le privé devra contribuer. Largement même. Faudra voir ce que ça donne concrètement à terme.J’ai personnellement des réserves et elles n’ont rien à voir avec les réserves amérindiennes. On nous présente ce plan comme une opportunité en or de créer de la richesse et de développer le Grand Nord. Personne ne peut être contre ça.De la richesse, il en faudra beaucoup pour maintenir et payer les soins et les services publics au Québec. On réalise surtout que toute cette richesse ne viendra pas toute seule et qu’avant de récolter des redevances ou un retour substantiel sur l’investissement, il faudra d’abord dépenser de l’argent.Beaucoup même, ce qui implique qu’on devra avoir les poches profondes.Québec a-t-il les moyens de ses ambitions? C’est là que je décroche et que je m’interroge. D’où vont venir ses millions et ses milliards quand Québec peine à boucler son budget et engrange les déficits? Comment le gouvernement arrivera à tenir ses engagements futurs au nord quand il peine à bâtir un nouvel hôpital universitaire ou à entretenir des aqueducs, des ponts ou des routes sur la Rive-Sud de Montréal?Mieux encore. Comment peut-on en l’espace de quelques jours à peine annoncer des coupes de 145 millions de dollars en éducation sans se soucier des impacts sur le terrain et annoncer dans la même foulée le déploiement d’un coûteux Plan Nord?Je veux bien qu’on pense à demain, mais il ne faudrait pas non plus négliger le présent.Localement la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe vient d’apprendre qu’elle devra couper 1,8 M$ pour supporter essentiellement les annonces contenues dans le plus récent budget libéral concernant les tableaux électroniques dans les écoles.Pour un milieu qui vient à peine de digérer les coupures associées à la Loi 100, la commande n’est pas banale. D’autant plus que l’exercice budgétaire était presque complété. Il faut tout reprendre et presser le citron davantage.Il y aura donc des choix déchirants à faire dans toutes les commissions scolaires.À la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, on demandera certainement au directeur général actuel de les faire avant de partir à la retraite pour de bon. On voudra certes éviter d’indisposer son remplaçant avec un dossier chaud en partant. En langage de baseball, ce serait comme se présenter au bâton avec deux prises contre lui.Bref, il est permis de s’interroger sur les services, les programmes ou les soins qu’il faudra réduire ou sacrifier dès aujourd’hui pour financer tous les investissements nécessaires à la mise en place du fameux Plan Nord d’ici 25 ans.Je n’ai pas encore trouvé la réponse dans le communiqué de presse officiel.

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