8 mars 2018
Palais de justice
Un pôle culturel ou judiciaire?
Par: Martin Bourassa

L’état misérable du palais de justice de Saint-Hyacinthe fait jaser plus que jamais ces dernières semaines. Aux articles que nous avions consacrés en début d’année à sa décrépitude et à son engorgement, dans la foulée d’une requête Jordan qui a permis l’arrêt des procédures dans un dossier criminel, vient de s’ajouter une sortie fracassante du Barreau. Le bâtonnier Paul Mathieu-Grondin y est allé d’un cri du cœur en réclamant des réinvestissements majeurs dans notre système de justice, de l’ordre du milliard de dollars. C’est dire à quel point ce système tombe en ruines et craque de partout. Le Barreau estime qu’entre 400 et 600 M$ doivent être consacrés à la modernisation et à l’informatisation de notre système de justice. À cela s’ajoute un besoin d’investissement de l’ordre de 212 M$ dans la réfection et l’agrandissement des palais de justice, un chiffre qui semble bien modeste dans les circonstances.

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Même que le ministère de la Justice dans son Plan des infrastructures justice 2017-2027 annonce des besoins de plus de 400 M$ en entretien et en améliorations des palais de justice. Parmi les projets recensés dans ce plan, on note la réfection du palais de justice de Roberval avec des travaux 62 M$ et celui de Saint-Hyacinthe où les actions projetées s’élèvent autour de 53 M$. Le bâtonnier ne rate d’ailleurs jamais une occasion de mentionner Saint-Hyacinthe quand vient le temps d’énumérer quelques palais de justice qui exigent une intervention énergique. Et selon nos informations, notre dossier commence à bouger sérieusement du côté du ministère de la Justice et de la Société québécoise des infrastructures.

Certains avancent même que la rénovation et l’agrandissement du palais de justice de Saint-Hyacinthe pourraient plutôt se traduire par une construction neuve, tant l’édifice actuel est arrivé en fin de vie et présente des déficiences de toutes sortes. Des expertises auraient même été menées à l’interne pour rassurer les employés et écarter toute présence d’animaux morts dans les murs et les plafonds de l’établissement, selon la députée Chantal Soucy.

Du côté de la Ville de Saint-Hyacinthe, on suit le dossier de près. Même qu’elle pourrait être impliquée dans l’aménagement d’un palais de justice temporaire. L’option de l’installer dans l’immeuble de la Fédération des caisses Desjardins, devenu la propriété de la Ville, est sur la table, même si elle ne l’enchante pas trop. La Ville prévoit plutôt y installer sa médiathèque. Le pôle culturel en devenir pourrait-il se transformer en pôle judiciaire pour deux ou trois ans?

Si c’est le prix à payer pour conserver les activités judiciaires au centre-ville, on voit mal comment la Ville pourra refuser. N’empêche que relocaliser temporairement un palais de justice avec des cellules et tout le tralala n’est pas simple. Il serait certes préférable de rebâtir à neuf au centre-ville, puis de procéder au déménagement une fois tous les travaux terminés. Reste à savoir où et quand.

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