6 septembre 2012
Biométhanisation
Un projet global de 48 millions $
Par: Le Courrier

Après les boues d’épuration, ce sont les résidus organiques des bacs bruns et ceux issus des supermarchés et des usines de l’industrie agroalimentaire que la Ville de Saint-Hyacinthe pourra bientôt traiter par biométhanisation.

L’investissement prévu de 40 millions $ dans la phase II du projet, rendue possible grâce aux subventions annoncées le 26 juillet, permettra à la Ville de valoriser annuellement jusqu’à 132 000 tonnes de matières résiduelles humides, de quoi produire des millions de mètres cubes de biométhane.

Ce gaz sera vendu à la société Gaz Métro, qui l’intégrera à son réseau de distribution, distant d’à peine 1,5 kilomètre de la station d’épuration. Gaz Métro y aménagera les équipements nécessaires à la purification et à la compression du biométhane pour son intégration au réseau de gaz naturel.Quant à la matière organique – le digestat – résultant de la biométhanisation, elle sera transportée à une plate-forme de maturation du parc industriel Théo-Phénix lorsque le site expérimental du boul. Choquette sera abandonné (voir autre texte).

Travaux

Durant la phase II du projet de biométhanisation, la plate-forme temporaire de maturation du digestat sera donc remplacée par une installation permanente rue Martineau, au nord de l’autoroute 20.

Non loin de cette plate-forme, il y aura construction d’un bâtiment qui deviendra la station de réception de toutes les matières organiques recueillies par la Régie intermunicipale d’Acton et des Maskoutains, de même que des résidus solides provenant des commerces du secteur de l’alimentation. La Régie prévoit que le contenu des bacs bruns prendra le chemin de la station de réception vers le mois de mars 2013, ce qui mettra fin au transport vers les centres de compostage Fafard, de Saint-Bonaventure et Enviroval, de Portneuf. Pour les municipalités bénéficiant du service, il y aura de belles économies à réaliser, assure le directeur général de la Régie, Réjean Pion.À la station de réception, les matières organiques seront d’abord tamisées, puis broyées jusqu’à l’obtention d’un sirop. Ce liquide sera ensuite envoyé dans les digesteurs de la station d’épuration. C’est aussi le chemin que prendront directement les résidus provenant des entreprises du secteur agroalimentaire. À la station d’épuration, de nouveaux équipements feront leur apparition. Le nombre de digesteurs passera de trois à six et l’usine sera dotée de deux hydrolyseurs aussi imposants que les digesteurs cylindriques et qui, comme eux, coûtent 1,6 million $ pièce. Les filtres-presses d’origine seront également remplacés, soit par deux centrifugeuses semblables à celles que la Ville louent temporairement, soit par un pressoir de fabrication suisse qu’on dit aussi d’une grande efficacité.Comme 8,5 millions $ ont déjà été consacrés à la phase I et que la phase II représente un investissement de 40 millions $, le coût total du projet de biométhanisation devrait atteindre les 48 millions $. Mais la Ville de Saint-Hyacinthe peut compter sur un apport de 31,4 millions $ en subventions – 20 millions $ versés par le gouvernement du Québec et 11,4 millions $ par le gouvernement fédéral -, de sorte qu’il ne lui restera à payer qu’un solde de 16,6 millions $.Mais les bénéfices financiers que la Ville tirera de la biométhanisation, que ce soit par la vente du biométhane, de la tarification pour le traitement des matières organiques ou par toutes les économies réalisées, seront d’une telle ampleur que la Ville prévoit que le solde sera amorti en seulement six ou sept ans. « Par la suite, tous les bénéfices reviendront aux citoyens et citoyennes de Saint-Hyacinthe », a indiqué le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau, qui rend hommage à Pierre Mathieu et Pierre Gabrielli pour leur ingéniosité et tous les efforts qu’ils déploient dans le dossier.

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