30 avril 2020
Conseil du 20 avril
Un projet pour la nouvelle Place Frontenac
Par: Rémi Léonard

Perspective aérienne proposée, vue arrière, de la future Place Frontenac. Service de l’urbanisme | Ville de Saint-Hyacinthe

Les élus maskoutains ont rendu un hommage senti à leur collègue Nicole Dion Audette lors de la dernière séance publique, le 20 avril. Capture d’écran | NousTv Saint-Hyacinthe

Siégeant toujours à huis clos au nom de la nécessaire distanciation sociale en ces temps de pandémie, le conseil municipal maskoutain a tout de même trouvé une méthode alternative pour faire avancer certains dossiers prioritaires.

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Le maire Claude Corbeil avait déjà confirmé que les dérogations mineures et les autres procédures nécessitant la tenue d’une assemblée publique étaient temporairement suspendues, mais l’arrivée d’un dossier comme celui de la reconstruction de la Place Frontenac a convaincu les élus de faire appel à une nouvelle façon de faire. Les dérogations mineures devant rendre ce projet possible seront donc assujetties à une consultation écrite au lieu d’une assemblée publique traditionnelle.

Les citoyens peuvent ainsi transmettre leurs commentaires à la Municipalité par courriel ou par courrier jusqu’au 8 mai. Un formulaire est aussi disponible sur le site de la Ville, où l’on retrouve également une description du projet. Le conseil doit ensuite prendre sa décision à la séance du 19 mai.

Trois à cinq étages

La principale dérogation concerne la hauteur du bâtiment, qui ferait 18,3 mètres dans la forme proposée, soit six mètres au-dessus de ce qui est permis dans cette zone. Les plans soumis montrent une façade de trois étages avec un fort rappel à l’ancienne Place Frontenac. En recul de six mètres par rapport à la façade, le reste de l’édifice s’élève ensuite à cinq étages. Il comprend une cinquantaine de logements, 35 places de stationnement souterraines, six espaces commerciaux au rez-de-chaussée et une cour intérieure verdie.

Pour expliquer la hauteur demandée, la résolution municipale précise que « le respect de la norme actuelle de la hauteur a pour effet de causer un préjudice sérieux au demandeur, au niveau de la rentabilité du projet, dans l’optique où l’aménagement d’un stationnement souterrain est prévu et souhaité par le Conseil ». Il est également expliqué que la limitation de la partie patrimoniale (la façade sur Saint-Antoine) à trois étages se veut « un juste équilibre entre la préservation et la densification ».

Puisque seulement les projets prioritaires peuvent emprunter cette voie alternative, le conseil a justifié dans sa résolution que la reconstruction de la Place Frontenac est « d’une importance capitale » pour le centre-ville de Saint-Hyacinthe, autant sur le plan économique que patrimonial, principalement en raison de son « emplacement stratégique, face au Marché public ».

Séance forte en émotions

Au tout début de la séance, les élus ont également rendu hommage à leur collègue Nicole Dion Audette, décédée le 10 avril. Le maire Corbeil a de nouveau déploré cette « perte importante pour tous les membres du conseil ». « Elle laissera sa marque à travers plusieurs projets, dont le futur pôle culturel et le futur centre communautaire pour les 50 ans et plus » dans son quartier, a aussi assuré M. Corbeil. Son collègue Bernard Barré a poursuivi en soulignant à quel point elle a été « exemplaire dans son rôle » durant toutes ces années et s’est rappelé qu’elle ne « lâchait pas le morceau » lorsqu’elle avait un point à faire passer. Pour marquer cet hommage, des fleurs ont été déposées sur le bureau qu’elle avait l’habitude d’occuper dans la salle du conseil et un moment de silence a été observé en sa mémoire.

Autres dossiers en bref

Quelques instants plus tard, les élus ont par ailleurs approuvé une demande de subvention pour l’un des projets évoqués par le maire en lien avec Mme Dion Audette, soit le musée qui doit voir le jour dans l’église Notre-Dame-du-Rosaire, l’une des composantes du pôle culturel. Si cette demande est acceptée, la Ville pourrait voir les trois quarts du projet être subventionnés, a indiqué le maire Corbeil en entrevue au COURRIER. Le premier volet ne vise que les étapes de planification du projet. Ce programme provincial vise à soutenir les projets de « requalification de lieux de culte excédentaires patrimoniaux ». Le conseil s’engage d’ailleurs à citer le bâtiment « monument historique » par la suite.

En matière de circulation, le conseil a aussi posé un geste significatif en réduisant à 30 km/h la vitesse maximale permise aux abords des écoles, mais aussi des centres communautaires et des parcs municipaux.

Du côté de Saint-Thomas-d’Aquin, il semble que les problèmes en lien avec le bruit causé par les activités d’entreposage sur l’avenue Pinard ne sont toujours pas réglés, a fait savoir la conseillère du secteur, Linda Roy. « Tous les jours, je reçois des plaintes pour du bruit tôt le matin », a-t-elle soulevé pour la deuxième fois en séance publique. « J’ai interpelé l’urbanisme et ça ne marche pas », a-t-elle déploré en soulignant qu’il est inutile que l’inspecteur se pointe à 9 h le matin.

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