6 avril 2017
Un refuge… à l’abri de la violence 
Par: Le Courrier

But ultime de la vie pour certains, l’amour se transforme malheureusement parfois pour d’autres en une cicatrice vive et douloureuse que seul le temps peut guérir. La violence conjugale n’est pas une histoire qui s’est éteinte il y a plusieurs siècles… Oh non! Elle est présente, cachée, mais bel et bien là. Est-ce normal qu’en 2017, en dépit des ateliers de sensibilisation offerts aux jeunes dans les écoles et malgré l’influence des médias, que nous vivions encore de la violence conjugale? La réponse est NON! Ce ne l’est pas du tout. 

Dans la région de Saint-Hyacinthe, l’organisme La Clé sur la Porte se porte à la défense des femmes et de leurs enfants victimes de violence et le fait à la manière d’un justicier masqué. En effet, cet organisme n’affiche aucune adresse et s’engage à garder secret l’emplacement de la maison d’hébergement pour protéger les personnes qui y séjournent. Vous avez sans doute déjà vu une de leurs affiches qui explique leur mission en bref. Dans le bas de la page, de petites lisières de papier détachables avec le numéro de téléphone pour les contacter en cas de besoin. 

Un jour, lors d’un rendez-vous très banal, mon regard s’est porté sur une de ces affiches et j’ai été surprise par le nombre de petites lisières découpées… Il n’en restait qu’une seule! Toutes les autres se trouvaient probablement dans les poches de manteaux ou dans le porte-monnaie de femmes victimes de violence. Le problème avec ce phénomène, c’est qu’il agit comme une maladie : il mute. La violence conjugale change de forme pour mieux survivre. Elle disparaît, puis réapparaît. Ensevelie sous les fausses promesses, la menace demeure… 

Violence psychologique ou physique? 

Un coup en plein visage est plus apparent qu’une vague d’insultes, une vague qui se transforme bien souvent en un ouragan sans fin. Combien de fois ai-je entendu des phrases du genre : « Il faut vraiment être conne pour ne pas réaliser qu’on est dans une telle situation »? À tous ceux qui tiennent ce discours, je réponds : « Préjugés! Êtes-vous au moins capables de vous mettre dans la peau de ces personnes, ne serait-ce qu’une seule seconde? ». Je crois que non. On ne se réveille pas un beau matin en se disant : « Pourquoi ne pas me laisser manipuler, ou battre, ou les deux, par mon amoureux? ». 

Je parle, jusqu’à présent, de l’exemple traditionnel de la femme et de ses enfants. Mais la violence conjugale sévit autant chez les hommes que chez les femmes, chez les hétérosexuels que chez les homosexuels. Alors que faire, vous demandez-vous peut-être? Être à l’écoute des autres, observer comment les gens autour de nous se comportent, apprendre et comprendre les agissements des gens de notre entourage. Voilà déjà des pistes de solution. 

Je suis fière de dire que mon école, l’École secondaire Saint-Joseph, a compris la situation et essaie de vaincre ce problème avec la visite annuelle des intervenantes de La Clé sur la Porte. Mettez votre masque de justicier, aidez-nous, aidez la Clé sur la Porte.

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