26 avril 2012
Un retour aux sources pour Denis Dumas
Par: Maxime Desroches
Denis Dumas a remporté les honneurs de quatre tournois sur le circuit ITF dans les derniers mois.

Denis Dumas a remporté les honneurs de quatre tournois sur le circuit ITF dans les derniers mois.

En 2004, le Maskoutain Denis Dumas junior, originaire de Granby, a donné une seconde chance au tennis après un hiatus de près de 25 ans. Celui qui figurait autrefois parmi les meilleurs joueurs junior au Québec n’a pas perdu sa touche magique avec la raquette, puisqu’il figure désormais parmi l’élite mondiale de son sport en classe senior.

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Le joueur de 50 ans raconte avoir délaissé cette discipline peu après l’adolescence. Il s’est alors pris d’affection pour le golf, qu’il a aussi pratiqué en contexte compétitif, avant de renouer, un quart de siècle plus tard, avec ses premières amours. Il a disputé quelques tournois d’envergure provinciale, puis nationale, avant de se qualifier en 2009 pour le championnat mondial de l’ITF (International Tennis Federation), au Mexique.

« C’est à ce moment, en me comparant au calibre des joueurs présents, que j’ai eu la certitude qu’en m’entourant d’un bon instructeur et de bons partenaires d’entraînement, je serais en mesure de faire ma place sur ce circuit », confie Dumas, dont le père, Denis senior, a été déclaré grand bâtisseur du tennis au Québec il y a plusieurs années, notamment en raison des nombreuses compétitions junior et senior qu’il organisait.Même s’il est pratiquement né raquette à la main et qu’il a toujours excellé au tennis, Dumas ne cache pas que l’adaptation à un style de jeu bien différent de celui qu’il a connu dans les années 80 a demandé patience et efforts soutenus.« De nos jours, les joueurs accélèrent plus dans la balle. La rotation des hanches permet d’aller chercher beaucoup plus de puissance. Si l’on regarde des images de McEnroe, Connors et compagnie, le transfert de poids n’était pas aussi présent. J’ai passé plusieurs heures à travailler là-dessus avec mon entraîneur Jean-François Mathieu. Les résultats ne sont pas arrivés instantanément. »

Une saison 2012 faste

Les derniers mois ont donné lieu à un délic pour celui qui, dans la vie de tous les jours, oeuvre comme conseiller technologique aux entreprises. En l’espace de quelques semaines, il a remporté les deux premiers tournois de la saison de l’ITF, à Toronto, en classe 50-55 ans, et en a fait tout autant au championnat de l’Ouest, à Vancouver, et plus récemment à celui de l’Est, à Montréal.

En février, Dumas a aussi fait sa marque aux championnats mondiaux de l’ITF en terminant la compétition avec une fiche de cinq victoires et deux revers.« J’ai l’impression que tout est entré en place dans la dernière année. Les ajustements techniques donnent des résultats. Je suis en bonne forme et j’applique les conseils prodigués par mon coach, qui me répète sans cesse l’importance de savoir terminer les points rapidement, surtout dans mon groupe d’âge. »

Modèle parental

Le vétéran joueur admet que l’envie de fouler à nouveau les terrains lui est revenue lorsque ses enfants — il est père de deux garçons âgés de 19 et 15 ans, et d’une fille âgée de 13 ans — ont commencé à pratiquer le tennis sur une base sérieuse.

« Est-ce que je pourrais vraiment qualifier le tennis de « passion »? Sincèrement, je ne suis pas certain si le terme est juste. Tout ce que je sais, c’est qu’il m’a permis de me tenir en forme, de voyager et de faire de belles rencontres. L’expérience sociale sur le circuit ITF est aussi agréable que l’expérience sportive. »« Si en plus de tout cela, je peux servir de modèle parental et démontrer à mes enfants qu’en fournissant les efforts, on peut arriver à de belles réalisations, j’aurai retiré énormément de mon retour sur les courts », ajoute-t-il.Celui qui occupe présentement le 20 e rang mondial dans sa catégorie d’âge ne veut pas s’arrêter là. Un top-10 semble être à sa portée compte tenu de son ascension récente. Denis Dumas voit encore plus grand. « En février 2013, les championnats mondiaux se tiendront en Turquie. J’ai encore du chemin à faire, mais je crois en mes chances de les remporter. »

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