16 février 2012
Dame de coeur
Un sauvetage inespéré
Par: Martin Bourassa

Il y a longtemps, très longtemps, que l’on avait vu autant de sourires autour du Théâtre de la Dame de coeur (TDC) que sur les photos prises à la conférence de presse annonçant un généreux plan de sauvetage.

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Il y a longtemps, très longtemps, que l’on avait vu autant de sourires autour du Théâtre de la Dame de coeur (TDC) que sur les photos prises à la conférence de presse annonçant un généreux plan de sauvetage.

Un sauvetage essentiellement financier qui permettra de renflouer les coffres du théâtre et surtout de soutenir ses efforts de création. Divers partenaires vont en effet contribuer davantage à son rayonnement. Il est question d’un soutien supplémentaire de 240 000 $ sur trois ans. La poursuite des activités et la présentation d’une nouvelle production l’été prochain sont maintenant assurées.Il était plus que temps. Il faut certes s’en réjouir et réaliser que les marionnettes géantes reviennent de loin. Il s’en est fallu de peu pour qu’elles plient bagage et se retrouvent à Longueuil. Mais dans un soubresaut de lucidité inespéré, le milieu a décidé de réagir et de voler au secours du TDC et de ses artisans.C’est tout de même ironique de constater que les acteurs qui se présentent en héros à minuit moins une sont sensiblement les mêmes qui ont multiplié les tentatives de sabordage à l’endroit du TDC ces derniers mois.J’ignore ce qui a pu se passer en coulisse, mais comme revirement de situation, en voilà tout un. Certaines personnes ont même affirmé que cette conclusion heureuse me faisait mentir, moi qui aurais, selon certains, préféré voir le théâtre mourir de sa belle mort. Ceux qui colportent cela sont soit de mauvaise foi… ou analphabètes!Je suis certainement l’un des plus ardents défenseurs de la Dame de coeur, convaincu depuis longtemps de l’importance de préserver cette institution culturelle à Upton, dans la MRC d’Acton. L’automne dernier dans cette même colonne, j’ai volontairement mis de l’huile sur le feu en écrivant certaines vérités.J’avais dénoncé la lente agonie d’un théâtre abandonné par le milieu et la passivité des élus et des décideurs devant sa fin imminente. J’avais aussi mentionné que la MRC d’Acton et la municipalité d’Upton n’en faisaient pas assez financièrement pour le soutenir. Si elles ne peuvent en faire davantage, elles ne le méritent pas, avais-je écrit.Dans ce contexte, je souhaitais qu’on ait la décence et l’honnêteté de le dire franchement et qu’on favorise le déménagement des marionnettes là où elles se sentiraient enfin désirées et appréciées à leur juste valeur.Le virage à 180 degrés qui vient de se produire à Upton me donne totalement raison puisque la MRC double son soutien qui passe de 7 500 $ à 15 000 $ par année. La contribution totale de la municipalité d’Upton grimpe pour sa part à 45 000 $.Bref, le milieu s’est soudainement rendu à l’évidence que le TDC est un actif considérable au plan culturel et qu’il mérite un soutien financier accru, en cette période particulièrement difficile pour les organismes touristiques et culturels.Ma foi, voilà un autre signe concret de l’évolution de l’espèce humaine. Mais inutile de me remercier pour une si modeste contribution.

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