4 août 2011
Une bombe à retardement
Par: Le Courrier

L’adoption de la passe mensuelle par le conseil des maires de la MRC ne cesse d’être retardée depuis le début de l’année en raison du jeu politique auquel se livre les municipalités rurales et la ville centre au sujet de la tarification du service.

publicité

En février et en mai 2011, les maires du milieu rural ont proposé une résolution visant l’abolition des trois zones tarifaires en faveur d’un tarif unique ainsi que l’introduction d’une passe mensuelle universelle qui a été rapidement battue par le droit de véto de Saint-Hyacinthe.

Puis, en juin, c’était au tour de la ville centre de recommander l’adoption du programme, mais les municipalités rurales se sont ralliées et aucun maire ne s’est avancé afin de seconder la proposition.Pour le coordonnateur du RMUTA, Paul St-Germain, qui espère renverser la vapeur avant que la carte ne soit officiellement adoptée, c’est un mal pour un bien. « Ça nous donne un sursis. J’espère amener les citoyens ordinaires à se poser des questions sur les modalités de la passe mensuelle », a-t-il résumé.Selon lui, les luttes politiques ont pris le dessus sur les vrais enjeux. « Je me rends compte que l’aspect politique autour du service de transport adapté est très présent. Je trouve qu’on ne parle pas beaucoup des personnes handicapées et de ce qui leur faciliterait la vie en matière de transport », a-t-il soutenu, déplorant que la voix du RMUTA ne soit pas assez écoutée.« Les usagers du transport adapté sont vus comme la clientèle ordinaire d’une compagnie ou d’un marché d’alimentation, mais en réalité ce sont des personnes très vulnérables », a évoqué Paul St-Germain.Citant la Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées, Micheline Martel, la directrice du service de transport adapté, a rappelé que le transport adapté est un service obligatoire, mais comme les autres. « Au sens de la loi, c’est la même chose qu’un transport en commun, mais adapté aux limitations des personnes. Ce n’est vraiment pas un transport médical ou privé. »Voilà le noeud du problème, estime la présidente du conseil d’administration du RMUTA et utilisatrice du transport adapté, Suzanne Couët. « Il faut que ça soit rentable », regrette-t-elle. Quant aux prix appliqués actuellement sur les passages, Paul St-Germain n’a rien à dire. « Dans le contexte, ce sont de très bons tarifs équitables », a-t-il mentionné, suggérant qu’il devrait en être de même pour la carte mensuelle.

image