13 septembre 2012
Émission Dans l'oeil du dragon
Une flamme vite éteinte pour Invengys
Par: Jean-Luc Lorry

La flamme de Dany Vachon, l’un des cinq investisseurs chevronnés de l’émission Dans l’oeil du dragon de Radio-Canada, fut finalement de courte durée pour Invengys, une entreprise de Saint-Hugues.

Lors de l’émission, les dirigeants de cette société conceptrice des revêtements chauffants Sécuri-marche avaient accepté une offre de 150 000 $ proposée par le dragon Dany Vachon en échange de 51 % des actions de la compagnie.

« Après l’émission, nous avions l’impression que M. Vachon ne croyait plus en notre produit et que l’investissement annoncé n’allait pas se concrétiser », regrette avec le recul Gaétan Sauvageau, président du Groupe Invengys. Cet entrepreneur aidé de son père Yvan Sauvageau et de son mentor Paul Laurent ont créé des tapis chauffants (un modèle est lumineux) pouvant être déposés sur des marches extérieures. Ainsi, terminé les escaliers glissants. Il semble que la direction d’Invengys ne partageait pas la vision de Dany Vachon, cofondateur de Impera Advisory et de PVG Partners LLC, de publiciser leur produit via la méthode du télé-achat. Malgré cette mésentente, la direction d’Invengys n’a pas retiré l’annonce de son partenariat d’affaires avec le dragon. Elle demeure bien visible sur le site Internet de l’entreprise.

Tando confiant

Lors de son passage à cette même émission, Raphaël Gosselin-Deschesnes avait tapé dans l’oeil des dragons Danièle Henkel et Gaétan Frigon avec sa ligne de bouteilles d’eau aux formes originales rappelant pour un certain modèle, la forme d’un ballon de soccer.

Ces deux investisseurs s’étaient entendus pour investir un montant de 50 000 $ pour 33 % des parts de l’entreprise.« Nous sommes rendus à l’étape de la négociation finale. Mme Henkel et M. Frigon nous ont promis qu’ils concrétiseraient leurs engagements. Le contrat devrait se signer dans un mois », indique Raphaël Gosselin-Deschesnes, président de Tando. La durée des négociations laisse pourtant un goût amer à Mathieu Garon, administrateur de l’entreprise.« Nous n’avons pas encore reçu le chèque et nous ne sommes pas très satisfaits de la façon dont les choses se passent », complète avec déception M. Garon.Questionné sur le sujet, le dragon Gaétan Frigon se veut rassurant sans pour autant confirmer qu’une entente formelle entre les parties sera prochainement conclue . « Ça fait évidemment beaucoup de vérification diligente à effectuer avant de devenir actionnaire. On ne fait pas de chèque avant d’avoir en main toutes les informations nécessaires », a répondu par courriel au COURRIER, Gaétan Frigon. « La vérification diligente avec l’entreprise Tando en est encore à l’étape préliminaire, mais elle est la prochaine sur notre liste. Le dossier devrait donc avancer dans les semaines qui viennent », poursuit le président de Publipage.Lors des émissions Dans l’oeil du dragon, Gaétan Frigon avait accepté de participer au capital-action de cinq entreprises différentes. La femme d’affaires Danièle Henkel n’a pas été en mesure de retourner nos appels.

Commentaires du CLD

Aux yeux de Mario De Tilly, directeur général du CLD Les Maskoutains, cette émission de Radio-Canada a les traits d’un « show de boucane ».

Le commissaire industriel dans le métier depuis 30 ans ne semble pas étonné par la réticence des dragons à concrétiser leurs engagements et appuis financiers auprès des entrepreneurs sélectionnés en seulement quelques minutes au petit écran. « Cela ne se déroule pas comme cela dans la vie. Investir dans un projet entrepreneurial peut représenter des mois de pourparlers », décrit M. De Tilly.Par contre, celui-ci considère que le grand mérite de cette émission est d’offrir une visibilité importante à des projets mis sur pied par des personnes qui se lancent en affaires. « Je trouve que les cinq dragons donnent de bons conseils aux entrepreneurs. Cela permet aussi de mettre au goût du jour l’entrepreneuriat », estime Mario De Tilly.

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