30 juillet 2015
Sarah Daoust-Braun | Le CourrierLe Gaucher
Une histoire de rédemption
Par: Le Courrier
Les Films Séville

Les Films Séville

Le Gaucher

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Scénarisé par Kurt Sutter, derrière la série Sons of Anarchy, et réalisé par Antoine Fuqua (Training Day, Equalizer), le premier rôle du long-métrage a d’abord été confié au rappeur Eminem. Après le désistement de ce dernier, Jake Gyllenhaal a pris la relève. Maintenant habitué aux rôles transformateurs — il a incarné le maigrichon Lou Bloom dans l’excellent Nightcrawler —, l’acteur s’est entraîné pendant cinq mois pour personnifier le boxeur gaucher Billy Hope.

Billy qui, entouré de sa femme Maureen (Rachel McAdams) et de sa fille Leila (Oona Laurence), connaît une remarquable carrière sur le ring. La mort de Maureen viendra toutefois basculer le cours de sa vie. Profondément affecté par son décès, le boxeur croule sous les dettes, perd la garde de son enfant et subit des défaites. C’est ici que commence ledit processus de rédemption. Encouragé par sa rencontre avec l’entraîneur Tick Wills (Forest Whitaker), Billy tente de se reconstruire.

Les films sur la boxe comme Rocky, Raging Bull et Million Dollar Baby, ont toujours fasciné le public. Dans Le Gaucher, la boxe aurait cependant pu être remplacée par un autre sport, puisque ce n’est pas le sujet central du film, qui se concentre davantage sur le cheminement de Billy.

L’habituel pouvoir cathartique des scènes de combat ne produit donc pas autant d’effets ici. La mise en scène d’Antoine Fuqua est parfois incohérente. Entre passages au ralenti appuyés par des musiques aux élans rap, dignes d’un vidéoclip, et combats de boxe filmés comme s’ils étaient retransmis à la télévision, la réalisation manque de finesse. À cela s’ajoute un lot de lieux communs scénaristiques, vus et revus mille fois dans ces histoires où le héros, qui perd tout, réussit par une série d’épreuves et de dur labeur à remonter au sommet. Le long-métrage ne prône certainement pas la subtilité.

Des acteurs de talent

Le mélodrame est heureusement sauvé par la qualité du jeu de ses principaux interprètes. Jake Gyllenhaal, qui ne cesse de se renouveler ces dernières années par des rôles toujours plus complexes et variés, éblouit par sa sincérité.

On sent que l’acteur s’est investi corps et âme dans son personnage de boxeur, toujours un peu gauche dans la vie comme au jeu, mais qui ne souhaite qu’assurer le bonheur de sa famille. D’ailleurs, les scènes que ce dernier partage avec la jeune Oona Laurence, qui surprend par la maturité de son interprétation, sont très touchantes.

On se rappellera du Gaucher pour la justesse de jeu des acteurs, qui ont réussi à se débrouiller avec un scénario qui n’est pas à la hauteur de leur talent. Pour cela, on repassera.

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