2 août 2012
Biométhanisation
Une manne de 25,7 millions $ pour la phase II
Par: Le Courrier

Une pluie de millions s’est abattue sur Saint-Hyacinthe la semaine dernière avec l’annonce, en plein mois de juillet, de grosses subventions qui permettront la réalisation de la phase II du grand projet de biométhanisation des résidus organiques.

Les deux gouvernements acceptent d’engager conjointement pas moins de 25,8 M$ dans ce projet visant la valorisation de toutes les matières organiques traitées à la station d’épuration par leur transformation en biométhane et en compost. « On va recycler à 100 %! », a lancé Pierre Mathieu, conseiller technique en traitement de l’eau à la Ville de Saint-Hyacinthe, au cours de la visite de la station d’épuration qui a suivi la conférence de presse du 26 juillet.

Puisée à même le Fonds pour l’infrastructure verte, la contribution fédérale pourrait atteindre 11,4 M$. Quant à la participation du gouvernement du Québec, elle s’élèvera à 14,4 M$. Cette somme s’ajoute aux 5,7 M$ que Québec a consenti à la Ville de Saint-Hyacinthe en avril 2011 – mais qui n’avait pas fait l’objet d’une annonce – pour la phase I réalisée en 2009-2010 et qui a coûté 8,5 M$ au total. La Ville a touché une première tranche de 1,3 M$ provenant de cette subvention, a indiqué le directeur général, Louis Bilodeau.Comme le coût des interventions prévues à la phase II devrait se chiffrer à 40 millions $, la part de la Ville se situera à 14,2 millions $ une fois les subventions déduites. Le communiqué officiel précise que la part du fédéral est assujettie à la signature d’une entente de contribution avec le gouvernement du Québec et qu’elle est aussi conditionnelle aux exigences du Fonds pour l’infrastructure verte en ce qui concerne le processus d’appel d’offres de la Ville de Saint-Hyacinthe. Ce processus, précise-t-on, devra être « compétitif, équitable, transparent et conforme à l’Accord sur le commerce extérieur. »« Nous sommes fiers de contribuer à des projets d’infrastructures comme celui-là qui aident à créer des emplois, qui protègent l’environnement et qui offrent des possibilités économiques », a déclaré le sénateur Jean-Guy Dagenais, qui représentait le gouvernement du Canada au point de presse. Il s’est aussi présenté comme l’ex-candidat du Parti conservateur dans la circonscription Saint-Hyacinthe-Bagot.C’est le sénateur Dagenais qui, semble-t-il, a agi comme porte-parole du fédéral dans le dossier. « À mon tour de saluer le sénateur. Nous avons passé certains moments au téléphone ensemble pour que le dossier aboutisse. Le maire Bernier me disait tantôt que jamais les gouvernements n’avaient mis autant d’argent dans un projet de la Ville de Saint-Hyacinthe. S’il y a quelqu’un qui doit être fier aujourd’hui, c’est Réjean Pion, de la Régie régionale d’Acton et des Maskoutains, qui siège à mon Comité aviseur sur les matières résiduelles. C’est en grande partie grâce à ses efforts si le bac brun se répand à la vitesse grand «V» », a signalé le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec, Pierre Arcand.Il a ajouté que le projet de Saint-Hyacinthe, une première au Québec, cadrait parfaitement avec la Politique québécoise de gestion de matières résiduelles, qui vise entre autres à bannir totalement les matières organiques des lieux d’élimination. Il a mentionné que le projet aurait, pour l’environnement, un effet bénéfique comparable au retrait de 50 000 voitures de nos routes, en plus de permettre à la Ville de vendre ses surplus de biométhane grâce à l’accord qu’elle a conclu avec Gaz Métro.Il s’agit du tout premier projet d’injection de biométhane dans le réseau de distribution de gaz naturel auquel collabore Gaz Métro. « C’est un projet intelligent au plan économique, intelligent au plan énergétique (…). Le Québec a les yeux tournés vers Saint-Hyacinthe », a souligné Sophie Brochu, la présidente et chef de direction de Gaz Métro. « Un jour, on va se retourner et on va dire : ça a commencé là », a-t-elle confié au COURRIER après la conférence de presse.On estime qu’une fois les travaux complétés, la station d’épuration pourra produire 6 millions de mètres cubes de biométhane la première année et jusqu’à 13 millions de mètres cubes par la suite. « Nous sommes bien résolus à faire de Saint-Hyacinthe une ville « verte » et la mise en place de ce projet contribue à concrétiser la mission environnementale que nous nous sommes donnée il y a déjà quelques années. En définitive, c’est toute la communauté maskoutaine qui en sortira gagnante », a déclaré le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Bernier.

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