4 mars 2021
Devenir la photographie de Chuck Samuels
Une nouvelle exposition pour souligner la réouverture d’Expression
Par: Maxime Prévost Durand

Avec l’exposition qu’il présente à Expression, l’artiste montréalais Chuck Samuels cherche à « devenir la photographie » en revisitant des photographies mythiques dans lesquelles il pose sa signature. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Expression, centre d’exposition a rouvert ses portes au public le samedi 27 février, près de quatre mois après avoir été contraint de les fermer en raison des mesures sanitaires décrétées par le gouvernement. Une nouvelle exposition attendait du même coup les visiteurs, Devenir la photographie de Chuck Samuels.

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Même s’il pouvait reprendre ses activités depuis le 8 février, Expression a dû prendre quelques semaines de plus pour tout mettre en place avec le montage de cette nouvelle exposition. Si la précédente n’a pu être à l’affiche que pendant un mois à l’automne, on espère que celle-ci pourra être présentée pour toute sa durée, soit jusqu’à la fin avril.

Cette exposition double comporte également un volet qui sera proposé à Plein sud, à Longueuil, à partir du 13 mars. À Saint-Hyacinthe, on retrouve des projets que l’artiste a réalisés entre 2015 à 2020, tandis que le volet longueuillois remonte le temps jusqu’à 1991.

Le titre de l’exposition décrit bien l’intention de Chuck Samuels : il souhaite « devenir la photographie » en s’intéressant à des images cultes bien connues, puis d’autres qui le sont moins. Par son travail, il s’introduit dans ces photographies, ce qui amène par la même occasion un étrange sentiment de familiarité d’une image à l’autre. Il le fait non seulement avec des photos, mais aussi avec des vidéos, comme lorsqu’il incarne Wonder Woman ou s’immisce dans la peau de la victime et du meurtrier du film Psychose, d’Alfred Hitchcock. Il aborde ainsi les questions de l’identité, de l’appropriation et du droit d’auteur notamment, toujours avec une certaine touche qui fait sourire.

Cette signature pour le moins distinctive a permis au Montréalais d’exposer un peu partout dans le monde depuis 1980. Il présente d’ailleurs une feuille de route bien garnie et ses œuvres photographiques font partie de nombreuses collections dans des endroits réputés tels que la Maison européenne de la photographie à Paris, le Musée des beaux-arts du Canada et le Musée national des beaux-arts du Québec. Il a également été directeur du Mois de la photo de Montréal pendant une douzaine d’années.

Son exposition à Expression comporte quatre projets, dont trois ont été créés lors d’une résidence de six semaines à Montréal à l’automne 2019. Chacun d’entre eux a ses particularités. On y retrouve d’abord The Photographer, une série de 24 photographies qui reprend des autoportraits de photographes, d’hier à aujourd’hui, et qui examine de manière « ludique, mais rigoureuse » la façon utilisée par les photographes de se représenter à travers les époques. S’ensuit After, qui regroupe 14 photographies et quatre vidéos où l’artiste s’intéresse aux remakes de grandes œuvres, créant ainsi « des copies des copies » tout en tentant d’être fidèle à l’original. The Complete Photographer se veut pour sa part une série inspirée d’un magazine du même nom datant des années 1940, dont son père lui a légué plusieurs exemplaires, montrant ainsi avec humour l’héritage de cette revue. Puis, On Photography le présente dans la peau de certains critiques, dont il détourne les propos pour montrer à quel point il est facile de dénaturer une citation.

Comme c’est souvent le cas, une publication accompagne l’exposition. Sauf que cette fois, plutôt que de succéder à l’exposition, le livre – coédité par Expression, Plein sud et Kerber Verlag (Allemagne) – a servi de point de départ. Chuck Samuels voulait d’abord créer « une sorte d’ouvrage théorique couvrant, par le biais de son travail, les différentes facettes de la photographie à travers l’histoire ». Cela l’a ensuite amené à créer de nouveaux corpus que l’on retrouve à Expression.

Il est prévu que l’exposition Devenir la photographie soit présentée jusqu’au 25 avril. En raison des mesures sanitaires, aucun vernissage n’a pu avoir lieu, mais l’artiste était tout de même présent lors de la première journée, le 27 février, pour rencontrer les visiteurs.

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