30 janvier 2020
Sorties culturelles scolaires
Une nouvelle mesure qui change tout au Centre des arts
Par: Maxime Prévost Durand

Le directeur général de la SDS, Jean-Sylvain Bourdelais, en compagnie de son adjointe Caroline Beaudreault, responsable de la programmation jeunesse, scolaire et famille. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

En plus de présenter un spectacle dans un cadre scolaire au Centre des arts, le rappeur Dramatik a proposé deux journées d’ateliers aux élèves d’arts-études de l’école Casavant cet automne. Photo gracieuseté

La culture et l’éducation sont deux enfants pauvres souvent laissés pour compte. Mais le gouvernement Legault a changé un peu la donne depuis son entrée au pouvoir, permettant à chaque école d’offrir gratuitement deux sorties culturelles par année à ses élèves. Une nouvelle mesure qui a eu un effet instantané au Centre des arts Juliette-Lassonde.

Publicité
Activer le son

C’est simple, la Société de diffusion de Saint-Hyacinthe (SDS), qui chapeaute les activités du Centre des arts, s’en va tout droit vers une saison record pour ce qui est de sa programmation scolaire, qu’elle appelle Les sorties culturelles de Juliette. Plus de 20 000 jeunes ont assisté à l’une des 40 représentations offertes pour ces publics. C’est plus du double des chiffres habituels des cinq dernières années.

« Depuis que le gouvernement de la CAQ et la ministre de la Culture Nathalie Roy ont fait cette annonce, ça a changé le tableau totalement, se réjouit le directeur général de la SDS, Jean-Sylvain Bourdelais. Ça fait toute la différence. »

Cette nouvelle mesure, elle s’est traduite par une enveloppe de 32,5 millions de dollars pour l’ensemble de la province pour l’année scolaire 2019-20. Et elle était nécessaire, voire pressante, estime Caroline Beaudreault, responsable de la programmation jeunesse, scolaire et famille à la SDS.

Depuis qu’un recours collectif avait été intenté, il y a quelques années, afin d’empêcher les écoles de demander de l’argent supplémentaire aux parents, notamment pour ce type de sorties, certaines écoles avaient dû annuler des sorties culturelles prévues, résume-t-elle. Si bien que cela avait eu un grand impact chez certains diffuseurs et chez les compagnies jeune public, en plus de priver les jeunes de ce contact avec la culture. « C’est pour cette raison que le gouvernement est entré dans le projet. Il se devait d’agir parce que, tranquillement, des compagnies jeune public fermaient leurs portes », affirme-t-elle.

Heureusement, le cri d’alarme a été capté par les instances gouvernementales et des jours meilleurs se sont pointé le bout du nez.

Malgré la crise qui sévissait, le Centre des arts n’a pas été aussi touché que d’autres diffuseurs. « On a maintenu l’offre tout en restant prudent », se souvient Mme Beaudreault.

Non seulement la nouvelle mesure a permis à la salle maskoutaine d’accueillir un nombre plus élevé de jeunes qu’à l’habitude dans les derniers mois, mais cela a même amené de nouvelles écoles à lui rendre visite. En plus de celles de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, d’autres de la Rive-Sud ont assisté à des représentations, venant d’aussi loin que Candiac et Saint-Jean-sur-Richelieu.

Un premier pas vers la culture

Avant même de promouvoir les spectacles pour le grand public, c’est en présentant une programmation exclusivement scolaire que la Société de diffusion de Saint-Hyacinthe a vu le jour en 1994. Une mission qu’elle poursuit encore, plus de 25 ans plus tard.

Du CPE jusqu’au cégep, toutes les clientèles préscolaires et scolaires sont touchées par Les sorties culturelles de Juliette. Il s’agit là d’une opportunité pour plusieurs jeunes de faire un premier pas vers la culture.

« C’est une expérience en soi pour eux de voir ce qu’est une salle de spectacle et de connaître les règlements dans une salle de spectacle. Ça commence là », soutient Caroline Beaudreault, responsable de tout ce qui touche à la jeunesse à la SDS.

Des spectacles variés

Les spectacles proposés pour Les sorties culturelles de Juliette sont des plus variés. Cette année, la programmation scolaire a amené sur scène les arts du cirque et la danse (urbaine et contemporaine) autant que le théâtre (jeunesse, de création et de répertoire) et la chanson.

Certains spectacles ont même été présentés autant en scolaire qu’en grand public, comme ça a été le cas avec Blizzard, un cirque de la troupe Flip Fabrique, puis avec la troupe de danse MARVL et la pièce Le malade imaginaire, la 4e représentation.

« Quand on est capable de le partager entre le grand public et le scolaire, c’est intéressant, note Caroline Beaudreault. On l’avait déjà fait quelques fois par le passé, mais cette année, c’est celle où on en a le plus. […] Ça donne l’avantage parfois pour le jeune qui l’a vu avec l’école d’en discuter avec le parent qui peut aussi voir le spectacle. »

Le groupe a capella QW4RTZ sera le prochain à conjuguer les deux lors de son passage en avril, adaptant son spectacle pour le présenter au public scolaire. « Ils en font un spectacle-conférence où ils touchent des sujets comme l’intimidation et la confiance en soi et parlent de leur vie. Ils ne font pas l’intégral du spectacle qu’ils font en grand public, ils font les numéros qui vont plus chercher les jeunes. »

Sensibiliser le milieu

Pour que ces sorties culturelles rejoignent le plus de jeunes possible, ça prend un milieu scolaire sensibilisé à la cause. Et depuis maintenant près de deux ans, la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe s’est jointe à la danse.

En plus de son comité culturel, déjà en place, elle a intégré le concept d’agent culturel pour chacune des écoles du territoire. Un enseignant par établissement est donc mandaté pour « propager l’information et faire rayonner la culture », mentionne Ariane Faribault, conseillère en communication à la CSSH. Pour l’heure, « la vaste majorité » des écoles peuvent compter sur un agent culturel, ajoute-t-elle.

Cela permet au diffuseur – et aux autres institutions culturelles de la région – de compter sur un allier de taille pour partager l’importance de ces sorties. Surtout qu’elles ont toutes les raisons d’en profiter depuis la mise en place de la nouvelle mesure du gouvernement Legault.

« Avec deux sorties gratuites par année, les écoles peuvent autant explorer les arts visuels que les arts de la scène. Je pense que c’est plus complet que d’effectuer seulement une sortie », souligne Caroline Beaudreault.

image