24 janvier 2013
Une permanence?
Par: Pierre Bornais

Certains souhaitent rendre permanente la Commission Charbonneau pour vérifier si les différents contrats publics sont accordés selon les règles établies. Sans oublier les nouvelles normes de financement qui devront être surveillées.

À première vue, l’idée ne semble pas farfelue, compte tenu de toutes les révélations faites et à venir devant cette commission. Les histoires de magouille et de collusion à ce jour suffisent amplement pour déclencher un haut-le-coeur collectif, surtout avec l’immunité accordée aux témoins. Au point de vouloir, bien légitimement, prendre toutes les mesures pour éviter de telles situations; et le déballage public qui lui succède. Autre élément non négligeable, toutes ces malversations rapportées donnent une bien triste image de la société québécoise et des valeurs qu’elle préconise. Une chose est sûre, il faut nettoyer à fond la soue (au sens ancien du terme) et faire en sorte que l’on reparte sur de nouvelles bases. Faut-il, pour autant, créer une autre structure qui ne pourra être légère avec ses commissaires, son personnel légal et administratif, ses enquêteurs et tout le matériel requis. À bien y penser, ce n’est pas l’approche à favoriser. Car à ce jeu, ce ne sera rien d’autre qu’une lutte sur un nouveau terrain entre les bons et les méchants – incluant parmi ces derniers ceux et celles qui se laissent convaincre (corrompre) trop facilement. La Justice doit faire preuve d’une plus grande sévérité à l’endroit de ceux qui ont participé à ces magouilles passées; pour dissuader la récidive ou la corruption. Quitte à prendre le risque que cela se reproduise et à intervenir au besoin. Bien sûr, rien ne remplacera jamais le sens moral qui doit être la norme dans une société fondée sur le droit comme la nôtre. Ça, aucune commission ne peut le garantir!

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