8 août 2019
Travaux d’urgence sur l’A-20
Une réclamation du MTQ rejetée du revers de la main par la Ville
Par: Rémi Léonard

Cette scène vous rappelle peut-être quelque chose? Il s’agit de l’autoroute 20 aux alentours de la fin de semaine de Pâques, en avril dernier, alors que deux voies de circulation ont dû être fermées d’urgence. Photothèque | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe avait une bien mauvaise surprise dans sa boîte aux lettres au début du mois de juin. Non pas un simple compte à payer, mais plutôt un avis du ministère des Transports du Québec (MTQ) informant que les travaux d’urgence réalisés en avril dernier sur l’autoroute 20 devraient être entièrement assumés par la Ville.

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Le montant en cause est de l’ordre de 4 M$, et il ne s’agit que des frais encourus « à ce jour », a écrit le Ministère dans cette correspondance dont LE COURRIER a obtenu copie. La réclamation complète arrivera ultérieurement, précise-t-on. Les Maskoutains se rappellent sans doute des travaux en question puisqu’ils ont entraîné la fermeture partielle de l’autoroute 20 pendant le dernier congé de Pâques, compliquant passablement la circulation. L’intervention était localisée sur un ponceau et une conduite pluviale vis-à-vis du parc Les Salines, ce qui avait causé la fermeture des voies de circulation en direction ouest.

Un « non » ferme

Le conseil municipal n’a cependant pas attendu de recevoir la facture détaillée avant de protester contre cette demande. Dans une résolution adoptée lundi, les élus affirment que les travaux et toute l’opération ont été réalisés sans « aucun droit de regard » de la part de la municipalité, qui a été confrontée à une « décision unilatérale » du Ministère. De plus, la Ville devait supposer que les « conduites de plus de trois mètres de diamètre sous les autoroutes sont considérées comme des ouvrages d’art et sont normalement la propriété du MTQ » puisque c’est ce qu’auraient affirmé les « représentants du Ministère » lors de l’inspection initiale sur place, rapporte la Ville.

La résolution affirme donc que la Ville refuse d’acquitter cette charge et demande plutôt de régulariser le dossier, c’est-à-dire d’établir clairement la responsabilité du MTQ sur cet ouvrage.

Dans ses considérations, elle nous apprend également un autre élément intéressant par rapport à cette intervention : la Ville ne recommandait même pas de fermer l’autoroute. « Selon l’expérience de son personnel technique combiné aux conditions observées sur le terrain, rien ne laissait présager un vide sous la chaussée de l’autoroute qui aurait pu entraîner un risque d’affaissement », prétend-elle. De surcroît, « les investigations faites à la toute fin des travaux » ont confirmé cette prétention de la Ville, soutient la résolution.

Au contraire, le MTQ affirme avoir accepté de prendre en charge les travaux « vu l’urgence de la situation » et afin de rétablir la circulation le plus rapidement possible. « Le ponceau pourrait s’effondrer à tout moment et entraîner la perte du lien autoroutier stratégique entre Montréal et Québec », a aussi écrit le MTQ dans cette même missive à l’intention de la municipalité.

Reste à voir comment le Ministère réagira à cette prise de position de la Ville de Saint-Hyacinthe et si les deux parties parviendront à trouver un terrain d’entente.

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