3 août 2017
Une statue de bronze volée au cimetière de la Cathédrale
Par: Maxime Prévost Durand
Une statue de bronze volée au cimetière de la Cathédrale

Une statue de bronze volée au cimetière de la Cathédrale

La statue volée est une œuvre de J.-Émile Brunet conçue en 1938, puis inaugurée en 1939.   Photo Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe

La statue volée est une œuvre de J.-Émile Brunet conçue en 1938, puis inaugurée en 1939. Photo Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe

« C’est une partie de notre patrimoine funéraire que l’on vient de perdre », se désole Daniel Lapierre, directeur général du cimetière de la Cathédrale. Photo François Larivière | Le Courrier ©

« C’est une partie de notre patrimoine funéraire que l’on vient de perdre », se désole Daniel Lapierre, directeur général du cimetière de la Cathédrale. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Après une cloche en cuivre dérobée en 2015 à l’église Notre-Dame-du-Rosaire, voilà qu’un autre objet du patrimoine maskoutain est tombé entre les mains de criminels. Une statue du Sacré-Cœur faite de bronze a été volée au cimetière de la Cathédrale récemment.

La statue était posée sur un monument à la mémoire des 46 victimes de l’incendie du Collège Sacré-Cœur de 1938. Selon le Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, elle mesurait environ 6 pieds 3 pouces. Il s’agissait d’une œuvre de J.-Émile Brunet conçue en 1938, puis inaugurée en 1939. Le monument avait d’abord été érigé dans le cimetière du collège avant d’être déplacé au cimetière de la Cathédrale, en bordure de la rue Girouard Est, en 1948.
Le directeur général du cimetière, Daniel Lapierre, s’est aperçu de la disparition de la statue le matin du 17 juillet. « On voyait encore des traces de camion à roues doubles », a-t-il soutenu en entrevue avec LE COURRIER. Une enquête a été ouverte par la Sûreté du Québec et le vol a été signalé à Art Alerte.
D’autres informations obtenues par LE COURRIER laissent entendre que le vol aurait été réalisé au moins une semaine plus tôt. Une passante habituée de se recueillir chaque semaine au cimetière a indiqué avoir remarqué l’absence de la statue dès le 9 juillet.
De l’avis de M. Lapierre, la statue aurait une valeur se situant entre 50 000 $ et 60 000 $. Il garde très peu d’espoir de la retrouver. « J’ai vérifié avec les fonderies des alentours et personne ne l’a vue passer. Les gens me disaient toutefois que les voleurs vont souvent couper les objets en pièces avant de les amener à la fonderie ou vont se diriger en Ontario pour le faire », a-t-il poursuivi.
Les malfaiteurs savaient très bien ce qu’ils venaient chercher, estime-t-il. Ils auraient sectionné les tiges métalliques qui maintenaient la statue sur le monument de granit, avant de repartir avec leur butin.
« C’est une partie de notre patrimoine funéraire que l’on vient de perdre », s’est désolé Daniel Lapierre. D’après lui, cinq répliques se trouvent au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal. Celle volée à Saint-Hyacinthe était l’œuvre originale.
Ce n’est pas la première fois qu’un morceau du patrimoine est ciblé par des criminels. Des plaques de bronze installées à la porte des Anciens Maires avaient été volées en 2015, puis en octobre de cette même année, la plus vieille cloche de Saint-Hyacinthe était dérobée. Cette dernière avait été fabriquée en 1784, puis refondue vers 1846. Elle était exposée dans un monument à l’extérieur de l’église Notre-Dame-du-Rosaire depuis 1977.
Au cimetière de la Cathédrale, un buste de Damien Bouchard, le père de T.-D. Bouchard, avait aussi été la cible de criminels en 1984, a relaté M. Lapierre. « Des malfaiteurs avaient aussi essayé de voler certaines œuvres il y a deux ans au cimetière Notre-Dame-du-Rosaire (voisin du cimetière de la Cathédrale) », a-t-il ajouté.
Toute personne qui possède de l’information concernant le vol de la statue du Sacré-Cœur est invitée à contacter la Sûreté du Québec au poste de la MRC des Maskoutains.

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