3 juillet 2014
Une stratégie qui se fait attendre
Par: Martin Bourassa

Tourisme d’affaires

Le temps arrange les choses dit le vieil adage. Sauf peut-être dans le cas des conflits de travail. En ce qui concerne l’Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe, le temps n’a absolument rien arrangé jusqu’ici, pas plus que la vente des installations à Marc Bibeau, grand patron des centres d’achat Beauward.

Même que le temps est devenu notre pire ennemi dans ce dossier. Plus le temps passe, et plus les impacts économiques risquent d’être irrémédiables. Et plus la compétition s’organise dans l’industrie du tourisme d’affaires et des congrès.Il y a désormais plus de 600 jours que les activités de congrès sont paralysées à Saint-Hyacinthe par le conflit de travail à l’Hôtel des Seigneurs. Et le changement de propriétaire l’hiver dernier n’a à ce jour rapporté aucun dividende.L’espoir d’un règlement et d’une sortie de crise rapides s’est dissipé. L’optimisme s’est transformé en quelque chose qui ressemble à de la résignation.Trois mois après cette transaction de 8,2 M$, rien n’a vraiment changé dans le paysage maskoutain. Les syndiqués et les autorités municipales ne sont guères plus avancés.Au contraire, le portrait d’ensemble s’est même détérioré un peu plus ces derniers jours avec la démolition d’une partie de l’hôtel abritant le bar, le restaurant et la piscine de l’hôtel. La vétuste tour est encore debout, tout comme le centre de congrès, mais pour combien de temps encore leur vocation première sera préservée, seul le nouveau propriétaire le sait. L’idée de transformer le tout en tour de bureaux et en espaces commerciaux continue d’ailleurs d’alimenter la machine à rumeurs. Dans les circonstances, et pour le bien de l’économie maskoutaine, ils sont de plus en plus nombreux à penser que la démolition de l’hôtel ou sa transformation définitive et irrévocable en tour de bureaux serait maintenant une bonne chose.Cela permettrait au comité de relance du tourisme d’affaires de mettre ses énergies dans une seule et unique direction, dans un seul plan de match.Tant que l’incertitude persiste autour de l’avenir de l’Hôtel des Seigneurs et du centre de congrès, et qu’une possible réouverture demeure envisageable dans un avenir plus ou moins rapproché, Saint-Hyacinthe est condamnée à faire du surplace. Aucun investisseur sérieux et aucune institution financière n’accepteront de s’engager dans la construction d’un nouvel hôtel avec centre de congrès intégré chez nous.Le statu quo est assurément le pire des scénarios.Une relance du tourisme d’affaires passe donc par une réouverture et une rénovation complète de l’Hôtel des Seigneurs ou par sa transformation en tour de bureaux. Mais dans les deux cas, la décision appartient à Marc Bibeau et à lui seul. Pas certain qu’il sente ou qu’il se préoccupe du sentiment d’urgence du maire de Saint-Hyacinthe, qui demeure un spectateur intéressé dans le dossier, sans plus. Même s’il a servi un ultimatum aux deux parties en présence à la mi-juin en faisant appel à leur sagesse pour la tenue d’une rencontre de la dernière chance, Claude Corbeil n’est pas en situation de force. Un hypothétique plan B ressemble à un gros coup de bluff.Depuis son élection en novembre dernier, il avait toujours mentionné l’été 2014 comme la cible visée pour la relance solide et durable du tourisme d’affaires. Monsieur le maire nous avait même promis et répété qu’il nous annoncerait les grandes lignes de cette stratégie de relance dès le mois de juin. On sait maintenant que ce ne sera certainement pas pour juin. Pour juillet, août peut-être?Bref, le temps continue de passer et il n’arrange absolument rien.

image