27 juillet 2017
Saint-Hyacinthe Technopole
Une usine neuve bientôt vendue sous contrôle de justice?
Par: Martin Bourassa
L’usine neuve et vide de Saint-Hyacinthe Technopole a nécessité un investissement de 8 M$. Elle est au cœur d’une réclamation de 430 000 $ d’un des sous-traitants impliqués dans sa construction complétée à 90 %. Photothèque Le Courrier

L’usine neuve et vide de Saint-Hyacinthe Technopole a nécessité un investissement de 8 M$. Elle est au cœur d’une réclamation de 430 000 $ d’un des sous-traitants impliqués dans sa construction complétée à 90 %. Photothèque Le Courrier

Saint-Hyacinthe Technopole n’est pas au bout de ses peines avec l’usine qu’elle a construite au coût de 8 M$ au profit de l’entreprise Zénith Lab.

Quelques jours après avoir appris le retrait d’une poursuite potentielle de 10 M$ déposée par un promoteur privé à l’égard de son futur locataire et la mettant elle-même en cause, voilà que Saint-Hyacinthe Techopole doit composer avec le dépôt d’un préavis de vente sous contrôle de justice de l’immeuble toujours inoccupé.
Cette procédure a été initiée par la multinationale Nicomac Europe SRL et sa filiale Nicos Group installée dans le New Jersey, aux États-Unis, à l’encontre de l’entrepreneur général du projet, Construction Bugère de Saint-Hyacinthe.
Spécialisée dans l’aménagement de locaux adaptés aux activités pharmaceutiques, Nicos Group Bugère souhaite ainsi récupérer la somme de 430 319 $ pour des travaux exécutés à la demande de Zénith Lab et qui auraient dû être défrayés par cette dernière selon l’entente entre Saint-Hyacinthe Technopole et son locataire.
Si aucune entente n’intervient au terme du délai prévu par le préavis, l’immeuble pourrait théoriquement être vendu, une procédure qui en pratique arrive rarement dans ce genre de dossier. La direction de Saint-Hyacinthe Technopole conteste d’ailleurs cette réclamation depuis le dépôt de l’hypothèque légale par Nicos Group.
L’étape du préavis de vente sous contrôle de justice est la suite logique pour accroître la pression sur le propriétaire de l’immeuble en vue d’un règlement du dossier, puisque ces procédures viennent en quelque sorte ternir les titres de la propriété visée.
Puisque le processus légal est engagé, la direction de Saint-Hyacinthe Technopole a préféré ne pas commenter ce nouveau rebondissement. Ce dernier s’ajoute à une longue liste. Lancée en mars 2014, la construction de l’usine de 25 000 pieds carrés n’est pas encore terminée.
Zénith Lab, qui devait y fabriquer des produits pharmaceutiques et de santé naturelle, n’a jamais été en mesure de démarrer sa production.
Aux prises avec des problèmes de liquidités, l’entreprise s’est placée à l’abri de ses créanciers en avril dernier, devant composer avec des dettes de 6,5 M$, en excluant la poursuite de 10 M$ qui a été abandonnée récemment.
Parmi les créanciers garantis totalisant 3,4 M$, on retrouve la Caisse Desjardins de Saint-Hyacinthe (1,7 M$), Investissement Québec (735 000 $) et Nicos Group (410 000 $). Saint-Hyacinthe Technopole figure pour sa part dans la liste des créanciers non garantis avec une créance de 1,7 M$ sur un total de près de 3 M$.
Si Nicos Group ne peut récupérer l’argent qui lui est dû de Zénith Lab, on croit comprendre qu’elle tentera de l’obtenir au terme de la procédure visant l’entrepreneur et le propriétaire de l’immeuble.

image